Zhao hai 照海 ou Yin qiao xue 陰蹻穴 (d’après le Ling Shu)

Sources : Ling Shu et Zhen Jiu Jia Yi Jing, traductions C. Milsky et G. Andrès

Le [point] Zhao hai (6R) se situe à un pouce au-dessous de la malléole interne.

On le puncture à 0,4 pouce de profondeur et on laisse l’aiguille pendant six expirations. On y fait trois cônes de moxa.

Jiayi jing III-32 : « Les vingt points du shaoyin de pied aux membres inférieurs [y compris ceux] du yinqiao et du yinwei »

Les qiao ont chacun un point [Jiao xin (8R) pour le yin et Fu yang (59V) pour le yang].

Su Wen chapitre 59 : « Des demeures du qi »

Le qiaomai est une branche (bie) du shaoyin.

Il part en arrière du scaphoïde [du pied] (rangu)1 […] établit une relation de dépendance (shu) avec le coin interne de l’œil et se réunit au taiyang et au yangqiao pour circuler vers le haut.

Lorsque les souffles (du yinqiao et du yangqiao) se réunissent (bing) et communiquent entre eux (xianghuan) les yeux sont imbibés ; si [leur] souffle ne [les] fait pas prospérer, les yeux ne se ferment pas2.

LS17 : « Les mesures des méridiens » / Jiayi jing II-2 : « Les huit méridiens extraordinaires »
  1. D’après la note de la présente édition, il s’agit du point Zhao hai (6R), le point de départ du yinqiao mai, cependant d’autres auteurs le font partir du point 2R Ran gu.
  2. Le Leijing commente : « Si le souffle du qiaomai n’est pas florissant (rong), les yeux ne peuvent pas se fermer ». C’est pourquoi le chapitre 21 du Ling Shu dit : « Après être entrée dans le cerveau, [cette branche] se sépare en yinqiao et yangqiao dont [les souffles] yin et yang se croisent :  [le souffle] yang entre et [le souffle] yin sort. Le yin et le yang se croisent au coin externe de l’œil (ruizi). Lorsque le souffle yang abonde, les yeux sont écarquillés ; lorsque le souffle yin abonde, les yeux se ferment ». C’est à dire que l’ouverture et la fermeture des yeux sont gouvernées par les qiaomai.

Le [point] Zhao hai (6R) est [le point de] naissance (生 sheng) du yinqiao mai

Jiayi jing III-32 : « Les vingt points du shaoyin de pied aux membres inférieur [y compris ceux] du yinqiao et du yinwei »

Lorsque la rougeur et la douleur dans les yeux commencent au coin interne des yeux, on traite le yinqiao1. »

LS 23 : « Maladies fébriles » / Jiayi jing XII-4 : « Maladies oculaires provoquées par l’atteinte des méridiens (脈 maitaiyang et yangming de pied et shaoyang de main »
  1. Il s’agit du point Zhao hai (6R).

Dans la rétention d’urine (癃 long), on traite le yinqiao1 et au-dessus des trois poils (三毛 sanmao)2 et on fait [aussi] saigner les luo sanguins.

Ling Shu, chapitre 23 : « Maladies fébriles »
  1. Il s’agit du point Zhao hai (6R) où commence le yinqiao.
  2. Il s’agit probablement du point Da Dun (1F), les trois poils (三毛 sanmao) désignant la région située en arrière de l’ongle du gros orteil sur la phalange distale.

Huangdi demanda : Quel souffle provoque les bâillements (欠 qian) chez l’homme ?

Qibo répondit : Le souffle défensif circule dans le yang le jour (晝日 zhouri) et à minuit (夜半 yeban) il passe dans le yin1.

Le yin régit la nuit et la nuit régit le sommeil.

Le yang régit le haut, le yin le bas, c’est pourquoi lorsque le souffle yin s’assemble vers le bas et que le souffle yang n’est pas encore épuisé, le yang tire pour monter et le yin tire pour descendre.

Le yin et le yang tirent chacun de son côté, c’est pourquoi il y a de nombreux bâillements2.

Lorsque le souffle yang est épuisé et que le souffle yin abonde, les yeux se ferment.

Lorsque le souffle yin est épuisé et que le souffle yang abonde, on se réveille.

[Dans un tel cas], on disperse (瀉 xie) le shaoyin de pied et on tonifie (補 bu) le taiyang de pied3.

LS 28 : « Questions orales » / Jiayi jing XII-1 : « Bâillements, hoquets, sanglots, frissons, éructations, éternuements, affaissements, larmoiements, soupirs, salivation, acouphènes, morsure de la langue, perte de mémoire et fringales »
  1. Remarque : Le texte correspondant du Jiayi jing dit : « Le souffle défensif circule dans le yang le jour (晝夜行於陰 zhou xing yü yin) et dans le yin la nuit (夜行於陰 ye xing yü yin)
  2. Le Leijing dit : « Bâiller, c’est ouvrir grand la bouche et inspirer bruyamment ou bien étendre les bras et redresser les lombes. Il en est ainsi car le yin et le yang tirent chacun de leur côté … C’est pourquoi, au moment où l’homme désire se coucher et ne l’est pas encore, les bâillements se produisent obligatoirement avant, car à ce moment là le souffle yang est sur le point d’entrer en zone yin, le yin s’accumule en bas et le yang n’est pas encore calme. Ainsi, le yang veut tirer pour monter, le yin veut tirer pour descendre. Ils tirent l’un vers le haut, l’autre vers le bas et les bâillements se produisent. Lorsque l’homme bâille parce que l’esprit est épuisé et qu’il est fatigué, c’est signe que le yang ne domine pas le yin ».
  3. Le Lingshu zheng fa wei dit : « Parce que le shaoyin de pied est atteint par le pervers, on ne peut pas dormir ; il convient donc de disperser le point Zhao hai (6R). Le yang qiao mai est en vide, c’est pourquoi on bâille beaucoup ; il convient donc de tonifier le point Shen mai (62V) du méridien de la vessie taiyang de pied ».

Huangdi demanda : Quel souffle provoque des sanglots (唏 xi)1 chez l’homme ?

Qibo répondit : Ceci est dû à la surabondance (盛 sheng) du souffle yin et au vide (虛 xu) du souffle yang.

Le souffle yin est rapide et le souffle yang est lent.

Le souffle yin est surabondant et le souffle yang est épuisé, c’est pourquoi on sanglote.

[Il faut] tonifier (補 bu) le taiyang de pied et disperser (寫 xie) le shaoyin de pied 2.

LS 28 : « Questions orales » / Jiayi jing XII-1 : « Bâillements, hoquets, sanglots, frissons, éructations, éternuements, affaissements, larmoiements, soupirs, salivation, acouphènes, morsure de la langue, perte de mémoire et fringales »
  1. Le Leijing dit : « Les souffles de la tristesse et du chagrin se produisent par affliction du yin ; c’est pourquoi il y a les symptômes de l’abondance du yin et du vide du yang. »
  2. Selon le Leijing, il s’agit des points Shen mai (62V) et Zhao hai (6R).

Huang di demanda : Comment se fait-il que le souffle pervers qui se loge dans l’homme fait que parfois les yeux de l’homme ne se ferment pas et qu’il ne dort pas ?1 Quel souffle en est la cause ?

Bogao répondit : […] Dans le cas où le souffle pervers se loge dans les cinq organes et les six entrailles, le souffle défensif protège seulement l’extérieur, circulant dans le yang et ne pouvant pas entrer dans le yin.

Lorsqu’il circule dans le yang, le souffle yang est abondant et si le souffle yang est abondant, le yangqiao mai est plein (滿 man).

Lorsque le souffle défensif ne peut entrer dans le yin, le souffle yin est vide (虛 xu), c’est pourquoi on n’arrive pas à fermer les yeux2.

[Pour soigner cela], on tonifie l’insuffisance 3, on disperse l’excès et on harmonise le vide (虛 xu) et la plénitude (實 shi) afin de faire communiquer les voies 4 et d’éliminer le pervers.

On fait boire au malade une décoction de Pinellia tubifera. Le yin et le yang communiqueront et le sommeil viendra aussitôt.

LS 71 : « Infestation par le pervers » / Jiayi jing XII-3 : « Insomnie, difficultés à voir, hypersomnie, sommeil agité, impossibilité de dormir étendu, insensibilité et parésies musculaires (肉苛 rouke), diverses sortes de respirations bruyantes et dyspnée »
  1. Le texte correspondant du Jiayi jing dit simplement : « Comment se fait-il que le souffle pervers qui se loge dans l’homme provoque l’insomnie ? »
  2. Le Jiayi jing écrit « on n’arrive pas à dormir » (bu de mian 不得眠).
  3. Le Leijing dit : « tonifier l’insuffisance veut dire tonifier le point Zhao hai (6R) du shaoyin de pied d’où sort le yinqiao mai. Disperser l’excès veut dire disperser le point Shen mai (62V) du taiyang de pied d’où sort le yangqiao mai ».
  4. Faire communiquer les voies veut dire faire communiquer les voies de communication entre les méridiens yin et yang.

[Lorsque le souffle] passe dans les luo yin et arrive à y rester, le froid pénètre à l’intérieur, on le pousse et on le fait circuler1.

Lorsque les méridiens se creusent, c’est le feu qui convient ; lorsque les luo noués sont durs et tendus, c’est le feu qui les soigne 2.

Pour ceux qui ne savent pas d’où vient leur souffrance, il faut traiter en bas les deux qiao [mai]3.

[Traiter] le yang chez l’homme et le yin chez la femme, c’est ce que s’interdit le bon ouvrier 4.

Voilà toute la théorie sur les aiguilles.

Ling Shu chapitre 73 : « Fonctions et capacités [de l’acupuncture] »
  1. Le Leijing dit : « Lorsque le froid reste dans les luo et entre dans les méridiens, il faut le disperser et faire circuler avec l’aiguille. »
  2. C’est-à-dire qu’il faire de la moxibustion.
  3. C’est-à-dire le [point] Shen mai (62V) où communique le yangqiao mai, et le [point] Zhao hai (6R) où communique le yinqiao mai.
  4. Le Taisu dit : « Lorsqu’on est malade et ne sait pas où on a mal, on peut traiter les deux qiaomai en bas ; pour les hommes on traite le yinqiao mai, pour les femmes on traite le yangqiao mai ; ceci est le traitement de maladie [quand le malade] ne sait pas où il a mal ; pour les hommes le yangqiao mai et pour les femmes le yinqiao mai ne doivent pas être traités. »

Pour ceux qui ne savent pas d’où vient leur souffrance, il faut traiter les deux qiao mai1.

Jiayi jing V-4 : « L’art de l’acupuncture »
  1. C’est-à-dire le [point] Shen mai (62V) où communique le yangqiao mai et le [point] Zhao hai (6R) où communique le yinqiao mai.

Les douleurs aux yeux avec tiraillements aux coins des yeux, douleurs unilatérales dans le pelvis, dos voûté [une autre version écrit : épine dorsale (脊 ji)] et convulsions, vue trouble et somnolence relèvent du [point] Zhao hai (6R) : on disperse à gauche le Yin qiao et on traite à droite le [point Heng gu (11R) du] shaoyin1 ; on puncture d’abord le Yin qiao et ensuite le shaoyin qui se situe au-dessus de l’os pubien (橫骨 heng gu).

Jia Yi Jing VII-1 (3) : « Atteintes par le froid et maladies fébriles produite par l’affection des six méridiens »
  1. Le texte dit simplement : … point du shaoyin.

Effroi, chagrin et mélancolie fréquents comme si l’on faisait une chute, absence de sueurs, visage [comme s’il était recouvert] de poussière noire et faim sans pouvoir manger relèvent du [point] Zhao hai (6Rn).

Jiayi Jing IX-5 : « Chagrin (悲 bei), peur, soupirs, bouche amère, tristesse (不樂 bule) et effroi dus au pervers qui se situe dans le coeur et la vésicule biliaire et qui atteint les organes et les entrailles »

La hernie subite (卒疝 cushan) et les douleurs hypogastriques relèvent du [point] Zhao hai (6R). Celles de gauche se traitent à droite et celles de droite se traitent à gauche. La guérison est immédiate.

Jiayi Jing IX-11 : « Hernie 隤 tui1, incontinence ou rétention urinaire provoquées par l’atteinte du méridien (脈 maijueyin de pied ou par la joie et la colère fréquentes »
  1. Chez l’homme, hernies scrotales qui se manifestent par un gonflement dur et douloureux du testicule ; chez la femme, gonflement du bas-ventre qui survient dans le cadre de certaines maladies gynécologiques.

La hernie qui se produit subitement aux organes génitaux1 avec courbature et lassitude des quatre membres et anxiété relève du [point] Zhao hai (6R).

Jiayi Jing  IX-11 : « Hernie 隤 tui, incontinence ou rétention urinaire provoquées par l’atteinte du méridien (脈 maijueyin de pied ou par la joie et la colère fréquentes »
  1. Le terme shan (hernie) désigne soit la sortie d’un organe ou d’une partie d’un organe hors de sa cavité, soit de façon générale des douleurs et des gonflements des organes génitaux externes, soit encore des douleurs abdominales internes accompagnées de difficulté pour aller à la selle ou pour uriner.

Les bi relèvent des [points] Hui yin (1RM) et Tai yuan (9P), l’amaigrissement excessif du [point] Zhao hai (6R).

Jiayi Jing X-1 (2) : « Les bi provoqués par le yin atteint par la maladie »

L’hémiplégie avec impossibilité de marcher, [l’atteinte par] le grand vent1 avec mutisme, l’impossibilité de situer l’endroit douloureux, la vision d’étoiles, l’urine jaune, la chaleur au bas-ventre et la gorge sèche relèvent du [point] Zhao hai (6R).

On disperse le point Yin qiao2 et le point shu du shaoyin droit3.

On puncture d’abord le yinqiao et ensuite le shaoyin qui se situe sur la symphyse pubienne (橫骨 heng gu)4.

Jiayi Jing X-2 (2) : « Le vent provoqué par le yang atteint par la maladie »
  1. Il s’agit de l’atteinte par un pervers vent violent et non de la lèpre.
  2. Autre nom du point Zhao hai (6R).
  3. C’est à dire le point Heng gu (11R) du côté droit.
  4. Heng gu, os pubien, désigne aussi le 11ème point du shaoyin qui ne se trouve pas dans l’os pubien mais au-dessus.

La folie furieuse et l’épilepsie qui se manifestent en alternance et entraînent des chutes syncopales toutes raides relèvent du [point] Shen mai (62V).

On traite d’abord le yinqiao1, ensuite le [point] Jing gu (64V) et [les points des] 5 rangées de la tête.

Si les yeux sont révulsés regardant vers le haut, rouges et douloureux à partir des coins internes, on puncture à trois reprises à 0,5 cun en dessous de la malléole 2 de chaque [pied].

[Si c’est l’ œil] gauche [qui est malade], on traite [à] droite ; [si c’est l’ œil] droit, on traite [à] gauche.

Jiayi Jing XI-2 : « Folie furieuse et épilepsie provoquées par un jue yang et une grande frayeur »
  1. Il s’agit du point Zhao hai (6R).
  2. Il s’agit du point Shen mai (62V).

Chez la femme, l’absence de menstruations relève du [point] Zhao hai (6R).

[Le Qianjin dit : dans l’engourdissement (bi), l’effroi, le chagrin et la mélancolie fréquents comme si l’on s’effondrait, ainsi que l’absence de sueurs, on puncture le [point] Zhao hai (6R)].

Jiayi Jing XII-10 : « Diverses maladies de la femme »

Chez la femme, [les règles] qui coulent sans cesse (淋灕 linli), le prolapsus des organes génitaux, les courbatures et la fatigue des quatre membres et l’anxiété relèvent du [point] Zhao hai (6R).

Jiayi Jing XII-10 : « Diverses maladies de la femme »

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