Technique d’acupuncture de la famille Tung Ching Chang 董景昌 (Dǒng Jǐngchāng)

Je voudrais vous parler du livre “Technique d’acupuncture de la famille Tung Tung Ching chang 董景昌 (Dǒng Jǐngchāng)” écrit par Nicolas Berger.

Pour commencer cet ouvrage est remarquable à plus d’un titre.

Il est d’abord très bien construit. Il présente un contenu pertinent et surtout fidèle aux ouvrages publiés en chinois et en anglais en 1968, 1972 et 1973, agrémenté de quelques réflexions personnelles sur lequel je reviendrai plus tard.

Cet ouvrage de 600 pages environ est clairement le fruit d’un travail de recherche considérable et va sans aucun doute devenir à juste titre, une référence absolue puisqu’il réunit l’ensemble des documents supervisés par maitre Tung en un seul tome.

L’ajout, dans cette riche compilation de données indispensables, de l’ouvrage dérobé de 1972, ajoute à l’ensemble un caractère original indéniable.

Il est cependant dommage que cet ouvrage ne présente pas pour autant de façon claire un contexte théorique dans lequel on pourrait interpréter l’acupuncture de Maitre Tung, même si je sais, de l’aveu de Nicolas, que l’intention derrière la rédaction de ce livre n’est pas celle-ci.

Nicolas berger propose très humblement, avec beaucoup de tact et de délicatesse, une interprétation personnelle de l’acupuncture de maitre Tung par son maître le Dr Hu Wen Zi.

Ce que Nicolas semble ignorer c’est que l’ensemble des hypothèses qu’il nous présente est en réalité directement tiré de l’acupuncture du Nei Jing.

Mais attention il ne s’agit pas d’une interprétation édulcorée, voire surréaliste, du Nei Jing, par la MTC contemporaine.

Nous devons commencer par restaurer les thématiques du Nei Jing, ouvrage canonique s’il en est, de façon à accéder à nouveau à leur pertinence anato-physiologique originelle.

Ainsi lorsque Nicolas fait, par exemple, allusion à une acupuncture du sang, il décrit sans le savoir la base physiologique fondamentale de l’acupuncture du Nei Jing.

En effet les canaux principaux (jing mai) sont clairement décrits comme des voies vasculaires principales dans laquelle circule librement Qi et Sang. Toute la physiologie classique découle de la libre circulation des flux dans ces vaisseaux.

Notre immunité, ainsi que l’ensemble de nos fonctions physiologiques, dépendent de cette circulation séquentielle dans les jing mai et les luo mai.

Il ne s’agit pourtant pas de dire que les vaisseaux sanguins sont ce que la MTC appelle « méridiens » mais que le concept clé derrière la notion de méridien est bien la circulation du sang dans ces vaisseaux longitudinaux principaux.

Chaque canal principal est comparé à un fleuve qui irrigue, nourrit tout un écosystème.  Cet environnement spécifique à chaque fleuve mai dépend entièrement de la libre circulation des eaux pour garantir sont fonctionnement optimal.

On peut avancer l’image d’un bassin-versant et de la circulation des eaux dans les différentes couche du terrain qui permet à la vie de se développer et aux écosystèmes de subsister.

C’est seulement par la maîtrise des thématiques classiques intégralement restaurées que nous pouvons avoir accès aux secrets de l’acupuncture de maitre Tung. Sans acupuncture du Nei Jing, pas d’acupuncture de Maitre Tung.

Le 2ème point fondamental pour comprendre l’acupuncture de Maitre Tung est la maîtrise du modèle classique réunissant la dynamique des modèles quinaire et sénaire, du ciel et de la terre.

Il est fondamental de reconstruire les interactions du 5 et du 6 de façon à comprendre la notion de Shen Jing, si chère à Maitre Tung, et la logique d’une médecine directionnelle basée sur la conservation des mouvements du souffle cosmique dans les tissus.

Il est littéralement impossible de séparer la dynamique du 5 de celle du 6, tant en acupuncture classique, qu’en acupuncture de Maitre Tung.

Il faut comprendre que la médecine du Nei Jing décrit et s’intéresse d’abord à la relation entre l’hôte et l’invité, c’est-à-dire à la pénétration de facteurs pathogènes invités dans l’organisme, hôte.

La façon dont le corps va répondre à ces situations est l’objet des ¾ du contenu du Neijing.

Maitre Tung connaît clairement ces principes et les applique avec maestria. Je donne en cours une multitude d’exemples validant cette assertion.

Qui plus est, il existe dans l’ouvrage de 1973, des preuves formelle de cet héritage classique, en plus d’une préface qui en dit déjà long sur l’importance de retourner aux sources de cette médecine.

Pour conclure, il est absolument indispensable de se procurer l’ouvrage de Nicolas Berger mais il est peut être encore plus indispensable d’acquérir une vision restaurée de l’acupuncture du Nei Jing qui décrive de façon juste le fonctionnement subtil de l’être humain dans son milieu et par voie de conséquence, l’acupuncture de maitre Tung.

Je voudrais pour terminer, remercier Nicolas pour la qualité de ce travail colossal accomplit ces deux dernières années et pour m’avoir très aimablement fait parvenir cette bible, me témoignant ainsi amitié et respect. Je lui retourne avec la même joie mon amour fraternel.

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