Shen men 神門

Sources : Ling Shu et Zhen Jiu Jia Yi Jing, traductions C. Milsky et G. Andrès

Le [point] Shen men (7C) c’est la terre. Il s’appelle aussi Dui chong (ou Rui zhong) et Zhong du. Il se situe en arrière en arrière de la paume à l’extrémité de la styloïde cubitale.

On le puncture à 0,3 pouce de profondeur et on laisse l’aiguille pendant sept expirations. On y fait trois cônes de moxa.

Jiayi jing III-26 : « Les seize points du shaoyin de main aux membres supérieurs »

Huangdi demanda : Pour puncturer les cinq perturbations, existe t-il des règles ?
Qibo répondit : [Puisqu’] il y a de la régularité dans leur apparition, il y a des règles pour leur élimination. La connaissance de ces règles est [comme] un bijou précieux qu’on porte sur soi […] Si le souffle perturbé se situe dans le coeur, on traite le [point] shu du shaoyin de main et du ministre du coeur2.

Ling Shu chapitre 34 : « Cinq perturbations » et Jiayi jing VI-4 : « Importante discussion sur la conformité1 et la norme, sur l’opposition et le désordre du yin et du yang, du clair et du trouble »
  1. Il s’agit de la conformité (順 shun) et de l’opposition (逆 ni) de la circulation du souffle dans les douze méridiens selon les changements naturels de l’environnement.
  2. Il s’agit respectivement des points Shen men (7C) et Da ling (7MC)

Le tronc d’enracinement du shaoyin de main se situe au bout de la styloïde cubitale (銳骨 rui gu)1 et sa cime aux [points] shu du dos2.

Ling Shu chapitre 52 : « Le souffle défensif » / Jiayi jing II-4 : « La cime et le tronc d’enracinement des douze méridiens »
  1. Shen men (7C).
  2. Xin shu (15V).

Huangdi demanda : Seul le shaoyin de main n’a pas de [point] shu, n’a t-il pas de maladie ?

Qibo répondit Son méridien (經脈 jingmai) à l’extérieur a des maladies, mais l’organe n’en a pas1, c’est pourquoi on prend seulement sur ce méridien2 [le point situé] à l’extrémité de la styloïde cubitale (銳骨 ruigu)3 en arrière de la paume ; les entrées et les sorties, les sinuosités et les méandres, la rapidité et la lenteur de la circulation de tous les autres méridiens (脈 mai) sont semblables à la circulation des méridiens taiyin de main et ministre du cœur de main4.

C’est pourquoi on choisit les [points] shu du [méridien] correspondant (本 ben)5 en fonction du vide ou de la plénitude, de la rapidité ou de la lenteur du souffle, c’est-à-dire qu’en abondance (衝 chong) on disperse et qu’en cas de déperdition (衰 shuai) on tonifie.

Ainsi, on arrive à faire partir le souffle pervers et à rendre solide et ferme le souffle véritable (真氣 zhenqi) ; c’est ce que l’on appelle suivre l’ordre céleste6. »

Ling Shu chapitre 71 : « Infestation par le pervers » / Jiayi jing III-26 : « Les seize points du shaoyinde main aux membres supérieurs »
  1. Le Leijing dit : « Le shaoyin de main est le méridien du cœur, le jueyin de main est le méridien de l’enveloppe du cœur. Bien qu’il y ait deux méridiens (經 jing), les organes ont en réalité une seule origine. Cependant, l’enveloppe du cœur est à l’extérieur, elle sert de défense au cœur. Le cœur est le grand maître des cinq organes et des six entrailles, l’endroit où demeure l’essence et l’esprit (精神 jingshen). Cet organe est [tellement] solide et ferme [que] que le pervers ne peut pas l’affecter, [mais si] l’affection arrive jusqu’au cœur, on ne peut pas échapper à la mort. C’est pourquoi tous les pervers qui sont dits être dans le cœur ne sont [en fait] que dans l’enveloppe qui est à l’extérieur du cœur. »
    Ainsi, l’absence de points shu sur le méridien du cœur shaoyin de main signifie que pour les maladies qui pénètrent dans le cœur il n’y a pas de points pour les guérir ou bien qu’elles ne sont pas guérissables.
  2. Le Leijing dit : « Généralement pour les organes et les entrailles les méridiens et les luo, chaque organe a son méridien. L’organe demeure à l’intérieur, le méridien circule à l’extérieur. L’organe cœur est solide et demeure à l’intérieur, le pervers ne peut pas y pénétrer, mais le méridien ne peut pas éviter les maladies. »
  3. Il s’agit du point Shen men (7C) qui est le point shu du méridien. Ce qui a induit certaines personnes en erreur croyant que le shaoyin de main n’avait pas de point shu, mais en fait, le chapitre 2 « les points essentiels (benshu) » du présent ouvrage décrit seulement les cinq points shu de onze méridiens et ne parle pas des cinq points shu du shaoyin de main.
  4. Le texte original écrit : « Shaoyin et ministre du cœur de main ». D’après le Taisu, on doit lire « taiyin de main et ministre du cœur de main », car ce sont les deux méridiens déjà décrits dans les textes précédents.
  5. Le Leijing dit : « Les points (俞 shu) du méridien correspondant désignent les points shu du shaoyin lui-même et non [les points shu du méridien] de l’enveloppe du cœur tous [énumérés] dans les textes précédents. »
  6. Cette dernière phrase peut avoir deux interprétations. D’après le Leijing, cela signifie « ne pas faire défaut à l’ordre attribué par le ciel aux méridiens ». Pour sa part, le Lingshu zhuzheng fawei l’interprète ainsi : « arriver à suivre l’ordre des quatre saisons de la voie du ciel ».

Le [point] Shen men (7C) c’est la terre […] Le shaoyin de main s’y déverse, c’est le [point] shu.

Jiayi jing III-26 : « Les seize points du shaoyin de main aux membres supérieurs »

Le ciel de la région médiane, c’est le taiyin de main1 ; la terre de la région médiane, c’est le yangming de main2 ; l’homme de la région médiane, c’est le shaoyin de main3 […]

Le ciel de la région médiane sert à observer le poumon ; la terre sert à observer le milieu du thorax (胸中 xiongzhong) ; l’homme sert à observer le cœur.

Jiayi Jing IV-3 : « Les trois régions et les neuf lieux d’observation » et Su Wen chapitre 20 : « Discussion sur les trois régions et les neuf lieux d’observation »
  1. Le commentaire de Wang bing dit : « il s’agit du pouls du poumon qui se trouve au pouls radial (寸口 cunkou) en arrière de la paume de la main. Il s’appelle Jing qu (8P) ; on y sent des battements sous la main ».
  2. Le commentaire de Wang bing dit : « Il s’agit du pouls du gros intestin qui se trouve dans l’intervalle des os du pouce et de l’index, dans la zone du [point] He gu (4GI), là où l’on sent des battements sous la main ».
  3. Le commentaire de Wang bing dit : « Il s’agit du pouls du cœur qui se trouve au bout de la styloïde cubitale dans la zone du [point] Shen men (7C), là où l’on sent battre une artère sous la main ».

Lorsque la folie furieuse (狂 kuang) commence à se développer1, [le malade] dort peu, n’a pas faim, il se croit hautement vertueux, supérieurement intelligent et de grande noblesse. Il est enclin à proférer des injures jour et nuit sans s’arrêter.

Pour le soigner, on traite les yangmingtaiyangtaiyin de main et le shaoyin sous la langue2.

On regarde les vaisseaux qui sont congestionnés (盛 sheng) et on les traite tous. Ceux qui ne sont pas congestionnés, on les laisse [de côté sans les traiter].

Ling Shu chapitre 22 : « Démences » et Jiayi jing XI-2 : « Folie furieuse et épilepsie provoquées par un jue yang et une grande frayeur »
  1. Le Leijing dit : « Plus haut on dit “sur le point de se produire” (shi sheng), ceci veut dire début de la maladie ; ici on dit “commence à se développer” (shi fa) ; cela signifie que la maladie s’est [déjà] constituée et est en train de se manifester. »
  2. Le Leijing interprète « le shaoyin » et « sous la langue » comme deux indications distinctes. Il écrit : « Les points des méridiens yangmingtaiyang et taiyin de main sont tous identiques au texte précédent. Sous la langue, c’est le point Lian quan (23VC) du renmai. Pour le shaoyin, ce sont les [points] Shen men (7C) et Shao chong (9C) du méridien de cœur ». Par contre, le Taisu considère qu’il s’agit du shaoyin de pied. La présente édition chinoise suit cette interprétation indiquant qu’il s’agit de traiter les vaisseaux luo du shaoyin de pied qui passent de chaque côté de la racine de la langue.

La malaria du cœur provoque chez le patient une anxiété intense, le désir de boire de l’eau froide, il a très froid et la fièvre est peu intense. On puncture le shaoyin de main, c’est à dire le [point) Shen men (7C).

Jiayi jing VII-5 : « Les trois (types) de malaria causée par la permutation du yin et du yang » et Su Wen chapitre 36 : « L’acupuncture dans les malarias »

L’incontinence urinaire relève des [points] Guan men (22E), Shen men (7C) et Wei zhong (40V).

Jiayi Jing IX-11 : « Hernie 隤 tui1, incontinence ou rétention urinaire provoquées par l’atteinte du méridien (脈 maijueyin de pied ou par la joie et la colère fréquentes »
  1. 隤疝 tuishan ou hernie 隤 tui désigne, chez l’homme, les hernies scrotales qui se manifestent par un gonflement dur et douloureux du testicule et, chez la femme, un gonflement du bas-ventre qui survient dans le cadre de certaines maladies gynécologiques.

Les spasmes des mains et des avant-bras relèvent du [point] Shen men (7C).

Jiayi Jing X-2 : « Le vent provoqué par le yang atteint par la maladie »

Vomissements de sang avec remontée du souffle relèvent du [point] Shen men (7C).

Jiayi Jing XI-7 : « Métrorragies profuses, sang stagnant, vomissements de sang et crachements de sang provoqués par un comportement immodéré qui blesse l’intérieur et l’extérieur »

Lorsque1 l’on diagnostique chez la femme un pouls de shaoyin de main très remuant (動甚 dong shen), c’est qu’elle est enceinte2.

Si, chez une femme3 qui allaite et qui souffre de maladie fébrile avec un pouls suspendu (懸 xuan) et petit (小 xiao) les mains et les pieds sont chauds, elle vivra ; s’ils sont froids, elle mourra.

Jiayi Jing XII-10 : « Diverses maladies de la femme »
  1. Le texte suivant provient du Suwen 18 « Discussion sur le sujet sain, sur le souffle et sur l’aspect [du pouls] ».
  2. Le Leijing écrit : « Qi Xuanzi dit : “Le pouls du shaoyin de main [se situe] dans un creux en arrière de la paume, à l’endroit où l’on sent bouger l’auriculaire sous la main. Il s’agit du méridien du cœur, c’est à dire du [point] Shen men (7C). Ce point de vue est excellent mais d’après mon expérience le pouce (寸 cun) gauche y correspond aussi” ».
  3. Le texte suivant provient du Suwen 28 « Discussion générale sur le vide et le plein ».

Zu Qiaoyin (VB44) et Shenmen (C7) forment une association efficace pour traiter l’insomnie et le sommeil perturbé par des rêves abondants.
La moxibustion sur Shaohai (C3) et Shenmen (C7) traite instantanément la douleur dans la région de Shufu (R27).
Shenmen (C7) et DaZhong (R4) sont tous les deux indiqués dans le traitement de la démence.

Commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.