Rencontre avec Jean Sylvain Prot (2ème partie)

Cet article à été initialement rédigé par Lionel Silberman, auteur du blog “Une danse dans le Tao”.

Nous retrouvons Jean-Sylvain et finissons la partie évoquant ses années d’étude et de formation. Nous allons ensuite aborder son point de vue actuel sur la médecine chinoise en France. Pour finir, nous lui poserons quelques questions d’ordre général, qui déboucheront sur de vastes sujets et concluront cet entretien, riche d’informations et de réflexions.

J’espère que vous l’apprécierez comme j’ai pu apprécier de découvrir l’homme. Souhaitons à Jean-Sylvain la réalisation des divers élans qui motivent son propre mouvement.

Dans tout ce long apprentissage, quelle ont été tes plus grandes difficultés en tant qu’étudiant ?

Il y en a eu deux. La première a été d’arriver à obtenir des résultats satisfaisant dans le traitement de la douleur.
Quand je suis sorti de l’école, j’ai travaillé au sein d’un cabinet de kinésithérapeutes au Luxembourg : j’avais 11 kinés qui m’envoyaient des patients souffrants de douleurs diverses. Je faisais beaucoup de traumatologie.
Autant, avec des cas de patient supposés “difficiles” comme des cas d’allergies et de maladies auto-immunes, j’avais des résultats, autant le traitement de la douleur ne fonctionnait pas ou peu. Tendinites, lombalgies, cervicalgies, canal carpiens… vraiment peu de résultats.

La deuxième difficulté a été de me retrouver plongé dans un océan d’informations dans lequel il est facile de se perdre, voir de se noyer quand on décide de sortir du cadre strict de la MTC actuelle.

Après avoir reçu l’enseignement du Dr Wang Ju Yi, j’ai commencé à essayer de mettre en application la palpation des méridiens sur mes patients et j’avais du mal à exprimer clairement un diagnostic et un principe de traitement. C’est donc bien d’apprendre de nouvelles choses, mais pendant un temps, cela crée de la confusion. A ce sujet, si je peux donner un conseil aux étudiants en médecine chinoise, c’est de ne pas étudier plusieurs sujets à la fois. Choisissez-en un seul, faites la synthèse de ce que vous avez appris, puis validez cet apprentissage par sa mise en application … il faut faire passer la théorie à l’épreuve de la pratique clinique.

La boulimie existe en Médecine Chinoise ! Le risque majeure est de créer de la confusion dans nos esprits et par voie de conséquence, de voir décliner nos résultats cliniques … Tout déclin de la force de l’intention du soignant conduit inévitablement au déclin des résultats cliniques.

Pour garder une intention forte, il faut un esprit structuré, fort et clair.

Puncture périostale du point Shen Guan (acupuncture de maitre Tung)

En tant qu’étudiant, je discute régulièrement avec mes camarades d’étude et je constate que certains ne veulent pas être praticiens, qu’ils n’en ont pas envie : ils accomplissent une démarche très personnelle et ils n’en feront pas leur métier. Pour ta part, qu’est-ce qui t’a amené à ouvrir un cabinet et faire de la médecine chinoise ta profession ?

Quand on veut apprendre la médecine chinoise, on est obligé d’allier théorie et pratique clinique. Il faut aller au fond des choses, c’est cela le véritable enjeu, la clé de la Tradition : il faut aller explorer les limites de nos capacités. Comment sait-on qu’on est allé au fond des choses ou pas ? C’est la pratique clinique qui le révèle. Comprendre de façon intellectuelle la théorie des cinq phases (Wu Xing) est simple, on fait cela en première année et on peut s’en sortir dans un examen de type QCM? Mais quand il s’agit d’appliquer cette même théorie sur des patients, là on entre dans l’aspect pratique ou « artistique », subtil des choses.

Donc pour toi en fait, la pratique en cabinet est un moment de vérité ?

C’est ça, oui. L’entraînement, c’est l’école. La véritable pratique, c’est le cabinet : au delà du cabinet, il n’y a rien.

Qu’est-ce qui te motives le plus en ce moment en tant que praticien ?

Le plus bel aspect de cette profession est de voir s’éclairer les yeux des gens quand on les soulage. C’est cela la plus belle récompense. Le but de la médecine chinoise, pour moi en tout cas, c’est de créer du lien, de rencontrer l’autre. C’est d’être au service d’une humanité qui en a plus que jamais besoin. Aujourd’hui, on a pas tant besoin de « techniciens » que d’individus dévoués, au service, qui travaillent avec compassion, avec leur cœur et leur mains pour soulager la souffrance.

Un de mes professeurs m’a fait un jour comprendre que les arts martiaux, comme toutes les activités humaines sont censées faire de nous des transformateurs et des « ponts ». Tu es d’accord avec cette idée pour la médecine chinoise ?

Complètement. Nous sommes tous des passeurs. Que va-t’il rester de notre expérience humaine ici-bas ? On expérimente la matière et les émotions. Notre richesse, c’est la qualité de nos émotions. On expérimente la joie, mais aussi la colère, la tristesse etc. En expérimentant les émotions, on se fait présent à soi et aussi aux autres : c’est cela le trésor que nous transmettons. C’est comme cela que la conscience évolue.

Palpation Abdominale

C’est peut-être cela, un des messages profonds des Wu Xing ? La bonne colère, c’est ce qui permet la bonne joie ?

Mais c’est ça ! Il ne faut pas oublier que la colère peut permettre de dépasser la peur. Les arts martiaux sont une voie royale dans la gestion et la compréhension de nos émotions. J’ai peur, j’expérimente la peur puis je me mets en colère. Une fois en colère, j’ai dépassé ma peur : ensuite on est prêt pour le passage dans le cœur, cette transcendance, c’est l’amour inconditionnel, l’ amour “agape”. On ne passe pas de la peur à l’amour inconditionnel, on passe d’abord par cette énergie du Bois, la réactivité, la colère. Un de mes professeurs de QiGong, Maitre Zhang Wenchun, dit qu’il faut être tout le temps “un petit peu en colère” : savoir être présent à cette émotion, l’observer, la vivre puis s’en détacher.

Qu’est-ce que le statut de praticien a changé en toi ?

Ça, il faudrait peut-être le demander à mes proches, c’est difficile à dire… Tu sais Lionel, je suis toujours en colère (rire), ça m’arrive, je suis réactif, je râle…  j’essaie juste de ne pas créer de « dossier » : cela ne sert à rien d’emmener la colère avec nous au delà de l’émotion. J’essaie de pacifier mes relations avec les gens en général mais c’est un travail difficile.

 Après toutes ces perspectives internationales et ces voyages, revenons au « local » : quel est ton point de vue actuel sur la MTC en France ?

Alors, on va me détester pour ce que je vais dire… mais bon : vieille France. Il y a des dogmes auxquels il ne faut pas toucher. J’ai donné pas mal de cours en France et j’ai vu pas mal de gens, d’étudiants d’horizons différents et je perçois souvent un sentiment de frustration général. Beaucoup de gens on soif d’expériences et finalement très peu acceptent d’être enfermés dans un dogme.

Nous ne sommes plus dans une ère où l’on peut se contenter uniquement de l’expérience des autres : il y a beaucoup d’étudiants qui finissent leurs études en ayant acquis des connaissances intellectuelles mais avec peu ou pas de mise en pratique de ces connaissances … qui plus est, ces connaissances manquent souvent de cohérence, de références classiques. Donc deux constats :

Premièrement, l’enseignement me semble vieillissant et conduit souvent à une perte rapide de la motivation en clinique. Les étudiants ne savent pas réfléchir la médecine chinoise mais cherchent la “formule” qui traite telle ou telle maladie ! Il suffit de se rendre sur les forums spécialisés pour s’en rendre compte … Les étudiants compensent souvent leurs lacunes en MTC par des recettes tirées d’autres disciplines comme l’ ostéo, les fleurs de bach, la réflexologie, le reiki etc. C’est, de mon point de vue, vraiment dommage.

Deuxièmement, nous avons de façon très schématique, ou quatre grands courants en France : une qui se réclame de Soulié de Morant et des pères fondateurs de l’acupuncture française, un autre qui se réclame du professeur Leung Kok Wen et de l’héritage plus moderne de la Chine populaire et enfin ceux font cavalier seul, comme Philippe Sionneau par exemple. Ce sont trois grandes familles, qui ne s’entendent que peu ou pas, du fait du dogme. J’invite toutes ces personnes à se rencontrer, à se réunir et surtout à ouvrir des discussions pragmatiques sur la pratique clinique.

Les ouvrages classiques nous enseignent une médecine fonctionnelle qui possède son propre vocabulaire et sa propre logique. Essayons un instant de comprendre cette logique et observons de façon pragmatique en pratique clinique les résultats de la mise en application de ces concepts. Ensuite, expliquons en terme de médecine moderne, occidentale ce que l’on observe comme causes et comme effets.

Que peut apporter la médecine chinoise à la médecine conventionnelle, selon toi ?

On doit d’abord démontrer que les effets de l’acupuncture sont réels et surtout mesurables en termes biomédicaux. A Ibiza, je travaillais avec deux médecins et je leur expliquais comment, via la stimulation des aiguilles, j’avais une action sur le système nerveux : la stimulation induite par la puncture et conduite jusqu’au néo-cortex et le corps prend alors les décisions nécessaires pour favoriser son retour à l’homéostasie. C’est le patient qui, sur la base d’une stimulation répétée, se soigne séance après séance. Présenter l’acupuncture au corps médical de cette manière nous permet de faire un pas vers la réconciliation de ces deux médecines en France.

Il y a de très nombreuses études faites dans ce sens ; on peut par exemple se référer au livre du Dr Donald Kendall, “Dao of Chinese Medecine” , publié en 2012, qui analyse l’acupuncture d’un point anatomique moderne. Le lien étroit entre le système méridien et le système vasculaire est expliqué de façon assez pertinente, bien que toutefois très incomplet … Le système des canaux d’acupuncture englobe tous les « systèmes »: cardiovasculaire, endocrine, nerveux, lymphatique, etc.

Je crois que nous pouvons aussi parler de traitement informationnel, expliquer l’influence de l’intention, du Shen, de l’esprit sur le corps, car les scientifiques commencent à accepter ces idées. Mais je ne crois pas que nous puissions continuer à parle de Qi quand on s’adresse aux médecins, sans aborder avec eux les concepts médicaux qui jettent un pont entre l’orient et l’occident et donnent du sens aux mots.

A moins de réorganiser l’idée de base …

Oui. En physiologie classique, quand on comprend que c’est le contexte qui donne le sens aux mots, on essaye d’abord de comprendre le contexte, avant de s’attacher aux mots …
On se rend compte par exemple, que neuf fois sur dix, lorsque l’on parle de physiologie, remplacer le mot “Qi” par le mot « oxygène » ne produit aucune perte de sens dans le texte. Pourquoi voit-on au petit matin les pratiquants de Qi Gong ou de Taiji pratiquer sous les arbres ? Il faut absolument arriver à traduire les concepts de notre médecine chinoise en termes médicaux modernes.

Une fois de plus, faire des ponts …

Encore une fois, oui c’est faire du lien.

Bon, je pense que tu n’as aucun problème à penser la Médecine Chinoise comme une médecine mondiale ?

C’est la médecine du futur : on y va, c’est en cours. On parle de la France, mais la France est à la traîne par rapport d’autres pays.

Parmi les diverses méthodes de traitement, qu’elle est celle que tu es amené à utiliser le plus couramment ?

C’est bien-sûr la poncture à l’aiguille filiforme. Je dirai que c’est 70% de mon travail. 20% de poncture à l’aiguille triangulaire : la micro-saignée. Dans les 10% qui restent, tu vas pouvoir ranger la psychothérapie, l’ostéopathie virtuelle, le Qi Gong Médical, et toutes les techniques annexes d’acupuncture : Moxa, Ventouses, Gua Sha …

Est-ce que tu penses avoir changé de technique et de pratique au cours des dernières années ? Combien de fois ?

Oh que oui ! On peut dire qu’il y a eu 4 grands changements. Passer de la MTC à la palpation des méridiens et aux enseignements du Dr Wang Ju Yi, puis court passage par les styles coréens, puis japonais, avec des techniques très subtiles, des aiguilles très fines, … Et puis en 2009, rencontre avec l’acupuncture de maitre Tung, très proche de l’acupuncture classique et qui offre aux praticiens un moyen extraordinaire de comprendre la MTC en sortant du dogme des écoles occidentales.

Les techniques de puncture sont celles du Huang Di Nei Jing, comme la puncture périostale par exemple. Une puncture profonde, proche de l’os qui agit directement sur les fonctions du Rein. Je pratique la version « ITARA » de l’acupuncture de maitre Tung, c’est à dire celle transmise par le Dr Robert Chu. J’ai développé ma propre compréhension de l’acupuncture de maitre Tung à travers l’étude du Huang Di Nei Jing, du Nan Jing et d’autres ouvrages classiques. Fondamentalement c’est la combinaison du système des 5 dépositaires (les 5 zang) et des liu jing (les 6 divisions ou grands méridiens) qui donne la clé de ce style remarquablement efficace.

L’acupuncture optimale utilise également la chrono-acupuncture, l’acupuncture du taiji abdominal, la cranio-puncture et une multitudes d’autres approches cliniques.

Quels sont pour toi les critères nécessaires pour l’établissement d’une pratique efficace ?

Le premier critère est d’identifier la localisation de la maladie. Est-ce qu’on est face à une symptomatologie de type zang fu ou est-ce que la pathologie se trouve dans les méridiens ?

Le deuxième critère est de définir en fonction du diagnostic différentiel, le ou les canaux que nous allons traiter.

Le troisième critère est de sélectionner judicieusement les techniques et les points à traiter sur ces canaux. L’usage classique des points de transport décrit dans le Ling Shu est une excellente stratégie à adopter.

Saignée avec ventouse du point 14 DM Da Zhui

 Est-ce que tu as des petites habitudes, des rituels de travail en cabinet ?

Oui, j’en ai un… Je ne sais pas si je dois dire ça (rire). En cabinet, j’essaie justement de ne jamais être dans la routine ! Grâce à l’acupuncture optimale, j’ai le choix entre de très nombreuses stratégies de poncture.

Je traite entre 10 et 15 patients par jour. Dans la même journée je vois parfois trois, quatre cas de lombalgie. L’idée c’est de ne pas répéter plusieurs fois le même traitement mais de varier les approches en fonction des cas. Il m’arrive de me faire des journées à « thème », où j’essaie de ne traiter qu’en utilisant les cinq phases, les méridiens tendino-musculaires, le gua sha, les ventouses etc. L’idée c’est de garder un esprit ouvert, réceptif et de choisir en pleine conscience mon approche thérapeutique.

Est-ce que tu as une anecdote à nous raconter qui t’ai marquée en cabinet?

Oui, j’en ai des centaines ! En voila une : je faisais beaucoup de domiciles à Ibiza. Un jour, j’arrive dans une villa et une dame courbée en deux m’ouvre la porte. J’observe l’état de son dos, je m’entretiens quelques secondes avec elle, et je lui dis de ne pas bouger. Je pose ma sacoche dans l’entrée et je poncture le 67 V : instantanément, la personne se redresse de tout son long et me dit : « vous êtes un magicien, je n’ai plus du tout mal ! »

Ça c’est le type de cas qui relève du « miracle », mais qui se base en fait sur l’analyse de la dysfonction posturale. Le choix du méridien à traiter et le choix des points sur ce méridien découle de cette analyse.

Ça me rappelle un autre cas à Ibiza : je reçois une jeune professeure, 27/28 ans, paniquée car on lui a découvert un ulcère à l’estomac. Elle ne dort pas, rien ne va plus.
Vu son état général, je me dis qu’il faudra peut être huit à douze séances pour obtenir un début d’amélioration. Je fais 3 séances et … miracle, plus de symptôme ! Le plus étonnant, c’est qu’elle est retournée trois semaines après faire une visite de contrôle à l’hôpital qui a confirmé sa guérison complète. Contrairement à certaines idées reçues, on peut traiter uniquement en acupuncture les problématiques internes avec de très bons résultats.

Les musulmans auraient cette expression: « la connaissance et la sagesse, il faut être prêt à aller la chercher jusqu’en Chine ». Tu es d’accord avec l’idée?

Je pense que la conscience fonctionne comme les Wu Xing: elle suit les cycles d’évolution et d’involution. La « Lumière » est portée par différentes civilisations au cours de l’histoire de l’Homme: à un moment donné, elle a été en Chine, à un autre moment en Europe … Donc, je ne crois pas que la philosophie extrême-orientale ait quelque chose à proposer de plus que ce peut offrir notre culture occidentale. Je crois aujourd’hui qu’il est important d’aller chercher dans notre culture, dans nos gènes, au plus profond de nous même, les réponses à nos questions fondamentales.
C’est là, c’est à portée de main: il faut juste avoir la clé. Nous parlions tout à l’heure d’astrologie sacrée. Je pense que l’astrologie est la mère de toutes les traditions humaines, elle est à l’origine de toutes choses. C’est une clé universelle. Cette astrologie n’est ni chinoise, ni helléniste. On peut la faire remonter à l’Égypte ancienne, à la Chaldée, et peut être au-delà. C’est une base de connaissances commune à toute l’humanité. Ce sont les applications de cette science ancestrale qui sont propres à chaque culture : oui la médecine chinoise est bien chinoise, même elle est basée sur des concepts universels, largement explorés par toutes les civilisations depuis l’aube des temps.

Auriculo-thérapie : Joie de Vivre, point Zéro et Shen Men

Donc, la médecine chinoise pour toi est un bon vecteur de fraternité?

Je ne peux pas dire le contraire! (rires) Dans la médecine antique égyptienne, on retrouve les cinq phases et même le concept des méridiens. Si nous arrivons à nous rassembler autour d’une passion commune alors nous sommes bien dans une démarche fraternelle. Une fois de plus, le but est de s’affranchir des dogmes et de ce qui nous sépare pour aller vers ce qui nous réunit.

On parle souvent du Dao dans de nombreux sujets, médicaux ou hors-médicaux: mais pour toi, au quotidien, le Dao c’est quoi?

On a parlé des émotions tout à l’heure : le Dao au quotidien, c’est pour moi notre capacité à entretenir avec les autres de bonnes relations, créer des expériences, du lien avec nos semblables. C’est le partage, c’est faire circuler, conserver le mouvement pour conserver l’équilibre. Au moment où l’on arrête ce mouvement, on ne vit alors plus rien avec les autres, et c’est là que tout s’effondre. J’aime cette idée d’impermanence du monde manifesté : si on s’accroche aux choses, on développe des pathologies de stagnation, d’accumulation qui affectent d’abord l’esprit puis le corps physique. Cet équilibre est nécessairement dynamique : c’est un mouvement perpétuel.

Est-ce que tu penses qu’à notre époque, la Tradition (qu’il faut savoir identifier, comprendre, ce qui est déjà l’affaire de toute une vie..) et la Transmission sont toujours d’actualité? Est-ce qu’elle existe toujours à notre époque?

La difficulté aujourd’hui, c’est que les gens sont pressés d’acquérir des outils, des choses, des connaissances.
Les gens sont concernés par le temps qui passe. J’en parlais encore à mes élèves de quatrième années dernièrement, tous pressés de passer à la pratique clinique. Je leur disais qu’ils étaient en train de passer à côté de choses importantes. Il faut que vous compreniez que ce qui est important, c’est le temps que nous passons ensemble à échanger, à partager …  c’est bien plus important que tout le reste.

On ne peut faire l’économie du temps nécessaire à notre transformation intérieure. Nous devons d’abord nous respecter nous-même, comprendre notre mécanisme d’évolution : il faut donner du temps au temps.

Pour finir Jean-Sylvain: la géométrie, c’est quoi pour toi?

… la géométrie… en fait, c’est le langage de Dieu! Tout est angle, géométrie, nombre et symboles.

Merci Jean-Sylvain !

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