Qu ze 曲澤

Sources : Ling Shu et Zhen Jiu Jia Yi Jing, traductions C. Milsky et G. Andrès

[Le point] Qu ze (3MC) [se situe] dans le creux de la face interne du coude, que l’on trouve en pliant le bras.
[Le souffle du cœur] entre dans [le point] Qu ze (3PC) […] C’est le [point] he.

Lingshu chapitre 2 : « Les points shu des quatre membres »

Le [point] Qu ze (3PC) c’est l’eau. Il se situe dans un creux sous la face interne du coude. On le trouve en faisant plier le coude. On le puncture à 0,3 pouce de profondeur1 et on laisse l’aiguille pendant 7 expirations. On y fait 3 cônes de moxa.

Là entre le méridien (脈 mai) ministre du cœur de main, c’est le [point] he.

Jiayi jing III-25 : « Les seize points du ministre du cœur, jueyin de main, aux membres supérieurs »

Parmi les six méridiens (經絡 jingluo), les grands luo des méridiens yangming et shaoyang de main commencent entre les cinq doigts1 et montent se réunir à l’intérieur (中 zhong) du coude2.

Ling Shu chapitre 10 : « Les méridiens (經脈 jingmai) et Jiayi jing III-25 : « Les douze méridiens, les luo et les branches distinctes »
  1. Le Taisu dit : « Parmi les six luo yang, le luo de yangming de main est le luo de l’entraille qui (dans l’association des couples organe/entraille) s’associe au poumon, et le luo du shaoyang de main est le luo du triple réchauffeur. Le méridien du gros intestin, yangming de main, commence dans l’intervalle de l’index, ce qui veut que l’intervalle entre l’index et le majeur est le commencement du luo de yangming de main. Le méridien shaoyang de main commence dans l’intervalle de l’annulaire, ce qui veut dire que l’intervalle de l’annulaire et du majeur est le commencement du luo de shaoyang. C’est pourquoi [on dit que] les luo des deux méridiens commencent entre les cinq doigts »
  2. Le Leijing dit : « Les trajets montants (de ces luo) se réunissent tous à la face interne du coude à côté du [point] Qu ze (3PC) du (méridien) jueyin ».

Tous les vaisseaux luo ne peuvent pas passer entre les grandes articulations (大解 dajie), mais prennent obligatoirement des voies séparées pour sortir [vers l’extérieur], ensuite ils rentrent et se réunissent à la peau ; leurs points de rencontre sont tous visibles à l’extérieur1.

C’est pourquoi toute puncture de vaisseaux luo doit être effectuée sur [le luo] noué, dans les cas graves [d’accumulation] du sang ; même si le sang n’est pas noué, il faut traiter d’urgence pour disperser le pervers et faire sortir le sang2.

Si on le laisse, il se développe un bi3.

Ling Shu chapitre 10 : « Les méridiens (經脈 jingmai) / Jiayi jing III-25 : « Les douze méridiens, les luo et les branches distinctes »
  1. Le Leijing dit : « Le trajet de chaque méridien passe obligatoirement par “des torrents et des ravins” [c’est-à-dire les creux et les interstices entre les muscles du corps dont les grands s’appellent les ravins (谷 gu) et les petits des torrents (溪 xi)], et par les grandes articulations, tandis que le trajet des vaisseaux luo ne passe pas par les grandes articulations mais par des endroits où les méridiens ne parviennent pas ; ils sortent et rentrent pour faire liaison et remplissent la fonction de communication (liu tong zhi yong).
    Cependant, il y a des grands et des petits luo : les grands s’appellent grand luo (大絡daluo), les petits se nomment 孫絡 sunluo (il s’agit de petits luo : 孫 sun signifie petit-fils).
    Les grands luo sont comme un tronc d’arbre, leur trajet sort et entre ; les sunluo peuvent être comparés aux branches, ils se dispersent dans les linéaments de la peau (膚腠 fucou).
    C’est pourquoi leur point de rencontre sont tous visibles à l’extérieur.
    »
  2. Le Leijing dit : « Toute puncture de vaisseau luo doit obligatoirement s’effectuer sur le [luo] noué. »
  3. La maladie bi est une appellation générale de diverses maladies causées par une obstruction dont les principales se caractérisent par des douleurs, de l’insensibilité et de la rigidité surtout au niveau articulaire.
    Elles sont causées par l’agression conjointe du vent, du froid et de l’humidité (cf Suwen 43 « Discussion sur les bi (bilun)).
    Le Leijing dit : “Toute piqûre des vaisseaux luo doit être effectuée sur les luo noués, ce qui veut dire que lorsque le sang s’accumule, le nœud est deux fois plus gros que la normale, ce qui forme un [luo] noué et c’est précisément l’endroit où il faut puncturer. Dans les cas graves d’accumulation de sang, s’il n’y a pas de luo noué, il faut quand même puncturer d’urgence afin d’éliminer le sang pervers, sinon il se développe une maladie bi douloureuse. De nos jours, d’après la coutume du nord-ouest, dès que surgit une maladie douloureuse par [atteinte] du vent et du froid, on serre le haut du bras avec une corde ou une boucle pour que les veines de la main et du coude gonflent et saillent, et on puncture avec une pointe aimantée à l’intérieur du coude près du [point] Qu ze (3PC) le luo noué pour faire sortir le sang ; c’est ce que l’on appelle faire partir le froid. Ceci est justement une méthode qui est héritée de ce passage, il ne faut pas dire qu’elle est sans fondement.

Les palpitations avec effroi constant, corps fiévreux, anxiété, bouche sèche, mains froides, reflux du souffle, vomissements de sang, convulsions à tout moment, agitation constante de la tête, teint bleuté, la transpiration qui ne va pas au-delà des épaules et dans les maladies de la chaleur (溫病 wenbing) [causées par] l’atteinte du froid (傷寒 shanghan) relèvent du [point] Qu ze (3PC).

Jiayi jing VII-1 : « Atteintes par le froid et maladies fébriles produites par l’affection des six méridiens »

Acupuncture de Maitre Tung Jing-chang 董氏针灸

Qu ze 曲澤 est utilisé pour traiter la douleur du pouce.

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