jingjin 經筋

Dans le chapitre 13 du Lingshu Milsky et Andrès décrivent les trajets des jingjin en parlant des “tendons des méridiens”.

L’article Jingjin dans le Grand Dictionnaire de la médecine chinoise (Beijing, 1982) dit:
« D’après le chapitre Jingjin du Lingshu, les tendons du corps humain, tout comme les douze méridiens, se divisent en douze parties, c’est pourquoi ils sont nommés ainsi. Ils se nomment aussi les douze jingjin, c’est-a-dire les tendons taiyang de pied, shaoyang de pied, yangming de pied, taiyin de pied, shaoyin de pied, jueyin de pied, taiyang de main, shaoyang de main, yangming de main, shaoyang de main, ministre du cœur de main, shaoyin de main. Les tendons se réunissent (hui) aux articulations, c’est pourquoi I ’endroit ou passent les jingjin, bien qu’étant en majorité les mêmes que les jingmai sont les endroits où les nœuds «sont nombreux. Ces nœuds se trouvent en majorité dans les creux et les vallées des quatre membres. Les 12 jingjin remplissent les fonctions de relier les articulations des quatre membres, de lier ensemble le corps entier (weiluo zhou shen) et de régir les mouvements des articulations. Leurs affections se manifestent dans la plupart des cas par des douleurs, des blocages, des contractions, et d’autres symptômes d’obstruction du mouvement ».

Le tendon du taiyang de pied

“Le tendon du taiyang de pied commence au petit orteil. II monte pour se nouer a la malléole et monte obliquement pour se nouer au genou. Sa branche inférieure descend le long du bord extérieur du pied, se noue sur [la face plantaire] du talon (zhong), monte en longeant le talon (gen) et se noue au creux poplité. Une ramification (bie) se noue sur la face externe du mollet, monte du cote interne du milieu du creux poplité, se joint [autendon qui se noue dans le] milieu du creux poplité et monte pour senouer a la fesse, longe les deux côtés de la colonne vertébrale et atteint la nuque. Une branche se sépare pour entrer se nouer a la racine de la langue. [Le tendon] direct se noue a l’occiput (zhengu), monte sur la tête, descend au front et se noue au nez. Une branche forme le filet de la paupière supérieure (mushangwang) et descend pour se nouer a la pommette. Une [autre]branche part de la face postéro-externedes aisselles et se noue a la partie supérieure de l’articulation de I ‘épaule (jianyu). Une branche entre sous I ’aisselle, monte sortir au creux sus-claviculaire (quepen), monte se nouer a la mastoïde (wangu). Une branche sort du creux sus-claviculaire, monte obliquement et sort aux pommettes.

Quand [le tendon de taiyang de pied] est malade, [on souffre] de gonflements et de douleurs au petit orteil et au talon, de spasmes et de contractions au creux poplité, d’opisthotonos, de contractions des tendons de la nuque, d’impossibilité de lever I’ épaule, de tiraillements aux aisselles, de douleurs de type torsion aux creux claviculaires et on ne peut se pencher ni à gauche ni à droite.

Le traitement consiste en des punctures rapides a l’aiguille de feu autant de fois qu’il le faut pour obtenir une efficacité et on choisit I ’endroit douloureux comme [point]d’acupuncture.
Cela s’appelle le bi du deuxième le mois de printemps (zhongchun bi)

Cet extrait révèle la relation particulière qui existe entre la région musculaire du Zu Taiyang et le méridien Zu Taiyang.
La région musculaire se connecte à toutes les articulations et à tous les os grâce à sa distribution. Elle comprend des muscles et des tendons. Par conséquent, la fonction de la région musculaire du Zu Taiyang est liée à l’activité normale de ces articulations. Par exemple, le mouvement du petit orteil et de la cheville est lié à la région musculaire du Zu Taiyang.
Cependant, la fonction de la région musculaire dépend du Qi et du sang transférés par le méridien et les collatéraux. Par conséquent, la fonction de la région musculaire est liée à la fonction du méridien et inversement. Un dysfonctionnement du méridien pourrait affecter la région musculaire et vice-versa.

La différenciation de la région musculaire dépend des symptômes. Le désordre de chaque région musculaire possède son propre groupe de symptômes. La distribution de la région musculaire correspond à son méridien. Par exemple, la distribution de la région musculaire du Zu Taiyang s’étend sur les côtés latéral et postérieur du corps.

“Le point qui sera utilisé pour traiter le dysfonctionnement est appelé” point douloureux “. Quel est ce «point douloureux»? C’est l’endroit où le patient ressent la douleur. Comme il s’agit du dysfonctionnement de la région musculaire, il ne fait aucun doute que le «point douloureux» doit se situer au niveau d’un muscle. 
Le chapitre 1 de Ling Shu nous dit que « chaque point d’acupuncture est situé dans une dépression qui se trouve entre les muscles, à côté des tendons, sous la peau et au-dessus de l’os. Le point d’acupuncture du méridien n’est pas situé sur la peau, les muscles, les tendons et les os ».
Le chapitre 10 du Su Wen précise: « Trois cent soixante-cinq points d’acupuncture sont les endroits où le Qi / Sang du Méridien entre et sort. » Ces passages font la différence entre un point d’acupuncture du méridien et un point de douleur sur le muscle.

Par conséquent, les points d’acupuncture s’appliquent uniquement aux dysfonctionnements du méridien et non à un dysfonctionnement de la région musculaire et un point douloureux ne traite pas un dysfonctionnement du méridien. Le «point douloureux» sera appelé point «Ashi» par les générations suivantes.

Le terme point Ashi est mentionné pour la première fois par Sun Simiao :  «une méthode d’acupuncture appelée « Ashi » consiste en ce qu’un acupuncteur vérifie et appuie sur la zone sur laquelle le patient ressent une douleur et s’il trouve un point douloureux, qu’il soit placé sur un méridien ou non, il le traite par l’aiguille ou par la  moxibustion. La douleur va disparaître. C’est la méthode d’acupuncture appelée «Ashi». Le point douloureux s’appelle un «point Ashi».”

Il est clair que le point Ashi est la zone douloureuse sur laquelle on appuie. Puisque la méthode de localisation est la même que la méthode de localisation des points douloureux du chapitre 13 du Ling Shu la plupart des acupuncteurs des générations suivantes s’accordent pour dire que le point Ashi est le point douloureux.

Comme il n’existe pas de localisation fixe pour les points Ashi, Wang, Guorui (1295 ap JC), dans son livre “Canon de l’Acupuncture du Dragon de Jade”, les appelle «point incohérent». Lou, Ying (1380 apr. J.-C.), dans son livre “Résumé de la Médecine” écrit qu’un point Ashi est appelé «Tianying Xue».

Le traitement des points Ashi est très populaire dans la pratique moderne de l’acupuncture car de nombreux patients ont recours à l’acupuncture pour traiter des syndromes douloureux. Toutefois, lors de l’utilisation des points Ashi, l’acupuncteur doit prêter attention aux aspects suivants.

Emplacements des points  Ashi

Selon le Ling Shu Chapitre 13, le ‘point douloureux’ ne peut être utilisé que pour traiter des maladies des muscles et des tendons, et le Su Wen Chapitre 2 déclare qu’ “il faut piquer le tendon s’il y a une maladie du tendon. ” Il est clair que l’emplacement du point ashi est situé sur le muscle ou le tendon ce qui est différent de l’emplacement d’un point d’acupuncture du méridien. Dans les “Prescriptions valant  mille pièces d’or pour les situations d’urgence” il est également indiqué que «le point Ashi n’est pas le point normal du méridien. »
Aujourd’hui certains acupuncteurs confondent les points réguliers du méridien et les points Ashi quand ils vérifient qu’un point régulier du méridien provoque une réaction douloureuse et appellent cela un point Ashi.
La méthode de localisation du point Ashi dépend principalement de la plainte du patient. Le patient signale la zone douloureuse puis le praticien vérifie cette zone et trouve le point Ashi ou le point douloureux. Cette méthode est différente de la méthode de recherche des points Bei-Shu des cinq Zang. Le Ling Shu, chapitre 51, rapporte que “lorsque le point Bei-Shu est localisé et pressé la douleur est soulagée.”

Indication du point Ashi

En raison de la caractéristique du point Ashi, il ne peut être utilisé que pour traiter des maladies des muscles et des tendons, et non des maladies des méridiens ou des Zang-Fu. Mais la douleur du muscle ou du tendon peut aussi être causée par un dysfonctionnement des méridiens ou des organes Zang-Fu. Dans le Ling Shu Chapitre 10, il est écrit par exemple que “Les manifestations pathologiques du méridien de l’intestin grêle sont les suivantes: mal de gorge, douleur au menton, incapacité de tourner la tête et douleur intense à l’épaule et au bras, comme s’ils étaient cassés.”
Et au chapitre 22 du Su Wen : ” Les manifestations pathologiques du Cœur en excès sont l’angine de poitrine, une sensation de pression contre le diaphragme, une douleur des hypocondres, une douleur des aspects internes de la région scapulaire, une douleur de l’aspect interne du bras… “

Comment savoir si la douleur est causée par une maladie d’un muscle, d’un méridien ou d’un Zang-Fu? Dans le Ling Shu, chapitre 59, il est écrit «qu’il n’y a pas de déséquilibre yin / yang dans une maladie du muscle ou du tendon; il suffit donc de poncturer le point douloureux. »
En d’autres termes, il n’y a pas de différence entre le pouls de Renying et celui de Cunkou, et il n’est pas nécessaire de réguler une région musculaire yin ou yang associée.  Si la douleur est causée par des dysfonctionnements des méridiens ou des organes Zang-Fu, nous devrions utiliser des points réguliers du méridien, pas des points Ashi.

Le nombre de points Ashi dans le traitement

Le Ling Shu Chapitre 13 déclare que «le nombre de points Ashi utilisés dépend du nombre de points Ashi localisés. » Si on trouve cinq points Ashi, on doit piquer ces cinq points Ashi; si on trouve 25 points alors on doit poncturer les 25 points.

Technique de poncture 

«On peut utiliser une aiguille chaude en l’insérant rapidement sur un point Ashi, puis en la retirant rapidement». À la fin du Ling Shu Chapitre 13, il est écrit que «la technique de l’aiguille de feu s’applique aux syndromes de froid». En d’autres termes, le traitement des points Ashi ne s’appliquent que pour la dysfonction de la région musculaire due au froid. Il existe une méthode de traitement différente pour le dysfonctionnement de la région musculaire due à la chaleur. Nous en discuterons plus tard. La technique de l’aiguille de feu n’est plus utilisée par les générations suivantes. A la place, les acupuncteurs utilisent la moxibustion sur aiguille. Il faut comprendre que la technique des aiguilles de feu s’applique uniquement au point Ashi pour le dysfonctionnement de la région musculaire, et non au point d’acupuncture pour un dysfonctionnement du méridien.

Le Ling Shu Chapitre 10 déclare: « Retenez l’aiguille s’il s’agit d’un syndrome de froid. Poncturez et retirez l’aiguille rapidement s’il s’agit d’un syndrome de chaleur. »
La technique pour traiter la dysfonction des méridiens due au froid consiste à laisser l’aiguille dans le point. Par conséquent, la différenciation est très importante car la technique d’acupuncture en dépend. Dans la pratique actuelle de l’acupuncture, de nombreux acupuncteurs appliquent la moxibustion sur aiguille mais cela ne guérira pas la maladie et causera plutôt un désordre du méridien.
Selon le Ling Shu Chapitre 13 “La fréquence du traitement peut être quotidienne jusqu’à ce que la maladie soit guérie.” La fréquence du traitement des maladies du muscle et du tendon est différente de la fréquence du traitement de la maladie du méridien. 
L’observation du résultat du traitement pour le dysfonctionnement de la région musculaire dépend du patient. C’est donc subjectif, contrairement à l’observation du résultat du traitement des méridiens qui est objectivé par un changement de la qualité du pouls.

Le tendon du shaoyang de pied

“Le tendon du shaoyang de pied commence au quatrième orteil, monte et se noue a la malléole externe, monte le long de la face externe de la jambe et se noue sur la face externe du genou. Une branche se sépare partir de la tête du péroné (waifugu) et monte cheminer sur la partie supérieure de la cuisse (bi), [et elle se sépare en deux ramifications] : la première se noue à la partie proéminente de la face antérieure de la cuisse (futu) et la seconde se noue au coccyx . Un [tendon] direct monte jusqu’au flanc et aux côtes flottantes, monte cheminer devant les aisselles, s’attache (xi) a la région sous-mamelonnaire (ying) et mamelonnaire et se noue au creux sus-claviculaire (quepen). Un [tendon] direct monte pour sortir aux aisselles, enfile lecreux sus-claviculaire, sort devant [le tendon du méridien] taiyang [de pied], longe I’arrière de I ‘oreille, monte a l’angle du front, croise [le tendon du méridien taiyang de pied] au sommet de la tête, descend gagner la région sous-maxillaire et monte se nouer a la pommette. Une branche [part de la pommette et] se noue au coin [externe] de I ’œil. Elle sert de lien externe (wai wei).

Quand [le tendon shaoyang de pied] est malade, il y a des tiraillements et des crampes (zhuanjin) du quatrième orteil, ce qui provoque des crampes de la face externe du genou, le genou ne peut ni se plier,ni s’étendre, le tendon du creux poplité se contracte, devant il tire jusqu’à la partie supérieure de la cuisse, et derrière jusqu’au coccyx, la douleur monte jusqu’aux flancs et aux cotes flottantes, en haut les contractions s’étendent aux tendons qui s’attachent au creux sus-claviculaire, a la région sous-mamelonnaire et mamelonnaire et à la partie antérieure du cou. Si la partie gauche est affectée, c’est le côté droit qui est atteint et I ’œil droit ne s’ouvre pas [car ce tendon] en montant passe par l’ angle droit du front et circule parallèlement au qiaomai; ainsi la gauche est liée (luo)à la droite, c’est pourquoi, si l’ angle gauche du front est atteint, le pied droit ne peut pas bouger ; cela s’appelle le « croisement des tendons liés» (weijin xiangjiao).

Le traitement consiste en des punctures rapides a l’ aiguille de feu autant de fois qu’il le faut pour obtenir une efficacité et l’ on choisit I ’endroit douloureux comme [point]d’acupuncture.

Cela s’appelle le bi du premier mois de printemps (mengchun bi).

Le tendon du yangming de pied

Le tendon du yangming de pied commence au troisième orteil se noue sur le dessus du pied, monte obliquement sur le côté externe jusqu’à l’ apophyse du genou (fugu), monte se nouer a la face externe du genou, monte tout droit se nouer au grand trochanter de l’ articulation de la hanche (bishu), monte le long des côtes et établit une relation de dépendance avec la colonne vertébrale. Un [tendon] direct monte le long du tibia (gan) et se noue au genou. Une branche se noue a la tête du péroné (waifugu) et s’unit au [tendon] du shaoyang. Un [tendon] direct monte le long de la partie proéminente de la face antérieure de la cuisse (futu), pour se nouer en haut a la partie supérieure de la cuisse (bi), se rassemble aux organes génitaux (yinqi), monte a l’ abdomen pour s’y répandre, arrive au creux sus-claviculaire (quepen) et s’y noue, monte au cou et des deux côtés de la bouche, s’unit aux pommettes, descend pour se nouer au nez et remonte pour s’unir au [tendon de] taiyang. Le [tendon de] taiyang forme le filet de la paupière supérieure (mushangwang) et le [tendon de] yangming le filet de la paupière inferieure (muxiawang). Une branche part de la joue pour se nouer devant I’ oreille.

Quand [le tendon du yangming de pied] est malade, on [souffre] de crampes du troisième orteil jusqu’à la jambe, de battements a la jambe (chiao tiao) et de sensation de rigidité au pied, de crampes a la face antérieure de la cuisse (futu), d’enflure de la partie antéro-supérieure de la cuisse et de hernie scrotale (tuishan). Les tendons de l’ abdomen se contractent et tirent jusqu’au creux sus-claviculaire et jusqu’à la joue, [on observe] des déviations subites de la bouche et [si le tendon] se contracte l’ œil ne se ferme pas. En cas de chaleur le tendon se relâche et l’ œil ne peut s’ouvrir. Si le tendon de la joue est atteint par le froid, il se contracte, tire sur la joue et fait dévier la bouche. Si le tendon est atteint par la chaleur il se relâche, se distend (huan) et n’arrive pas à se contracter, c’est pourquoi on souffre de déviation [de la bouche].

On traite avec de la graisse de cheval; on en pommade le côté contracté, on enduit le côté dilaté avec de l’ alcool mélangé à de la cannelle et on accroche la bouche avec [une branche] de murier [en forme de] crochet. Ensuite, on allume du charbon de bois de murier que l’ on place dans le trou d’un mur a la hauteur [de la joue] du malade assis afin de traiter (wei) par de la graisse chaude la joue contractée et en même temps on lui fait boire du bon vin et manger de la bonne viande rôtie ; s’il ne boit pas le vin, il faut le forcer [à boire] et il faut frotter [la région affectée] avec insistance.

Le traitement consiste en des punctures rapides a l’ aiguille de feu autant de fois qu’il le faut pour obtenir une efficacité et on choisit I’ endroit douloureux comme point d’acupuncture. Cela s’appelle le bi du dernier mois de printemps (jichun bi).

La déviation de la bouche est due au dysfonctionnement de la région musculaire du Zu Yangming. Comme nous l’avons appris au chapitre 10 du Ling Shu, c’est aussi un dysfonctionnement du méridien Zu Yangming. On doit vérifier le pouls de Renying / Cunkou pour savoir de quel dysfonctionnement il s’agit. La plupart des acupuncteurs traitent les déviations de la bouche par des points d’acupuncture. Cela signifie qu’ils ne se rendent pas compte que la déviation de la bouche peut aussi être causée par le dysfonctionnement de la région musculaire.
Dans le Ling Shu Chapitre 13 il est indiqué que la déviation de la bouche peut être causée par le froid ou la chaleur. Il existe deux méthodes pour distinguer si elle est causée par le froid ou la chaleur. L’une consiste à observer l’état du muscle autour de la bouche. Si le muscle est contracté
c’est dû au froid alors que si le muscle est flasque c’est dû à la chaleur. Une autre méthode consiste à observer l’œil. Si on ne peut pas fermer les yeux alors c’est du froid, et si on ne peut pas ouvrir les yeux c’est de la chaleur.
Le Ling Shu Chapitre 13 introduit un traitement spécial pour les déviations de la bouche dues au froid. Il demande au patient de boire du vin et de manger de la viande rôtie et de se frotter le visage avec du vin et des herbes tout en restant assis dans un trou entouré de cendre chaude. Cela démontre que le «point douloureux» n’est pas le seul moyen de traiter un dysfonctionnement de la région musculaire.

Le tendon du taiyin de pied

Le tendon du taiyin de pied commence sur le côté interne de l’ extrémité du gros orteil et monte pour se nouer a la malléole interne. Un [tendon] direct monte pour se nouer sur la tubérosité interne du genou (neifugu), monte le long de la [face] interne de la cuisse (bi), se noue a la partie supérieure de la cuisse, se rassemble aux parties génitales (yinqi), monte a l’ abdomen, se noue au nombril, longe l’ intérieur (li) de l’ abdomen, se noue aux côtes et se disperse dans le thorax. Un tendon interne s’attache a la colonne vertébrale.

Quand ce [tendon] est malade, on souffre de douleurs et de crampes du gros orteil jusqu’à la malléole interne, de douleurs à la tubérosité interne du genou, de douleurs à la face interne de la cuisse tirant jusqu’à la partie supérieure, de douleurs de type torsion aux organes génitaux externes entrainant des douleurs vers le haut au nombril et aux côtés, et des douleurs irradiant à la région pectorale et à la face interne de la colonne vertébrale.

Le traitement consiste en des punctures rapides a l’ aiguille de feu autant de fois qu’il le faut pour obtenir une efficacité et on choisit I ‘endroit douloureux comme point d’acupuncture. Cela s’appelle le bi du deuxième mois d’automne (zhongqiu bi).

Le tendon du shaoyin de pied

Le tendon du shaoyin de pied commence sous le petit orteil, passe obliquement sous la malléole interne en côtoyant le tendon du taiyin de pied, se noue au talon, rejoint ensuite le tendon du taiyang et monte se nouer sous la tubérosité interne du genou ; il monte parallèlement au tendon du taiyin le long de la face interne de la cuisse et se noue aux organes génitaux externes (yinqi). II longe le rachis a l’ intérieur des deux côtés des muscles paravertébraux, monte pour arriver a la nuque et se noue a l’ occiput en rejoignant le tendon de taiyang de pied.

Quand ce [tendon] est malade, on souffre de crampes sur le dessous du pied ainsi que de douleurs et de crampes partout où il passe et se noue. Si la maladie se trouve dans ce [tendon], cela se manifeste principalement par de l’ épilepsie, des convulsions et de l’ opisthotonos. Quand la maladie se situe a l’ extérieur, on ne peut s’incliner en avant et quand elle se trouve à l’ intérieur, on ne peut se pencher en arrière. C’est pourquoi, quand le yang est malade, on souffre d’hyperlordose lombaire (yaofan zhe) et on ne peut pas s’incliner en avant. Quand le yin est malade, on ne peut pas se pencher en arrière.

Le traitement consiste en des punctures rapides à l’ aiguille de feu autant de fois qu’il le faut pour obtenir une efficacité et on choisit I ’endroit douloureux comme point d’acupuncture. Si [la maladie] est a l’ intérieur, on fait un traitement externe par un produit qui réchauffe (wei), on guide le souffle (daoyin) et on prend des médicaments par voie orale. Si ces tendons sont atteints de contractures et que les accès deviennent fréquents et s’aggravent, le [malade] ne peut être guérit et il meurt. Cela s’appelle le bi du premier mois d’automne (mengqiu bi).

Il est conseillé d’abandonner l’acupuncture et de donner au patient une tisane, en particulier pour le dysfonctionnement de la région musculaire dans la région abdominale. Cette méthode s’applique également au dysfonctionnement de la région musculaire dans le thorax et les organes génitaux externes.
Les symptômes dus au dysfonctionnement de la région musculaire ne sont pas uniquement liés aux muscles et aux tendons, mais incluent également l’épilepsie.
En général, le dysfonctionnement de la région musculaire par rapport au dysfonctionnement du méridien est moins grave. Mais le pronostic est douteux pour celui qui souffre de dysfonctionnements fréquents de la région musculaire du Zu Shaoyin. C’est une condition très grave.

Le tendon du jueyin de pied

Le tendon du jueyin de pied commence sur le dessus du gros orteil, monte et se noue devant la malléole interne, monte le long du tibia (jing) pour se nouer sous la tubérosité interne du genou, monte le long de la face interne de la cuisse et se noue aux organes génitaux externes où il se lie aux [autres] tendons.

Quand ce [tendon] est malade, on souffre] de douleurs au gros orteil avec des tiraillements [jusqu’au] devant de la malléole interne, de douleurs à la tubérosité interne du genou, de douleurs et de crampes a la face interne de la cuisse et les organes génitaux externes ne fonctionnent pas. Dans le cas d’atteinte par excès de rapports sexuels, [on souffre] d’impuissance, dans le cas d’atteinte par le froid, [on souffre] de rétraction des organes génitaux externes (yin) ; dans le cas d’atteinte par la chaleur, [on souffre] de priapisme.

Le traitement consiste a faire circuler l’ eau pour purifier le souffle yin. Quand on souffre de crampes, le traitement consiste en des punctures rapides a l’ aiguille de feu autant de fois qu’il le faut pour obtenir une efficacité et l’ on choisit I ‘endroit douloureux comme point d’acupuncture. Cela s’appelle le bi du dernier mois d’automne (jiqiu bi).

Un dysfonctionnement de la région musculaire de Zu Jueyin peut provoquer une impuissance. Si elle est due à la chaleur elle peut être traité par diurèse. Il est clair que la «diurèse» est accomplie en consommant une tisane. Par conséquent, la tisane est une autre méthode de traitement du dysfonctionnement de la région musculaire.

Le tendon du taiyang de main

Le tendon du taiyang de main commence à l’ auriculaire, se noue au poignet, monte le long de la face interne de l’ avant-bras et se noue derrière l’ apophyse cubitale (ruigu) à l’ intérieur du coude ; si l’ on appuie en crochetant, il y a une répercussion sur l’ auriculaire; il entre se nouer sous les aisselles. Une branche part en arrière des aisselles vers leur face postérieure, monte et contourne I’ épaule et la région de l’ omoplate, longe le cou, sort devant le tendon du taiyang de pied et se noue a la mastoïde (wangu) derrière I’ oreille. Une branche entre dans I’ oreille. Le [tendon] direct sort au-dessus de I’ oreille, descend pour se nouer dans la région sous-maxillaire et remonte établir une relation de dépendance avec le coin externe de l’ œil.

Quand ce [tendon] est malade, on souffre de tiraillements à l’ auriculaire, de douleurs a l’ intérieur du coude et à la face postérieure de la styloïde cubitale (ruigu), de douleurs le long de [la face] interne (yin) du bras, jusque sous I’ aisselle, de douleurs sous l’ aisselle, à la face postérieure de celle-ci, tout autour de la région de l’ omoplate avec des tiraillements au cou, des acouphènes et des douleurs allant à la région sous-maxillaire ; les yeux se ferment et on ne peut voir pendant longtemps. Les contractions des tendons du cou provoquent la lymphadénite tuberculeuse fistulisée des tendons et l’ enflure au cou.

Le froid et la chaleur au cou se traitent par des punctures rapides a l’ aiguille de feu autant de fois qu’il le faut pour obtenir une efficacité et on choisit I ‘endroit douloureux comme point d‘ acupuncture. Si l’ enflure persiste, il faut répéter la puncture avec une aiguille pointue. Cela s’appelle le bi du deuxième mois d’été (zhongxia bi).

Le tendon du shaoyang de main

Le tendon du shaoyang de main commence a I ‘extrémité du quatrième doigt, se noue au poignet, monte le long de I’ avant-bras, se noue au coude, monte pour entourer la face externe du bras, monte a l’ épaule, arrive au cou et s’unit (he) avec le taiyang de main, Une branche [monte] jusqu’au-dessous de l’ angle de la mâchoire inférieure (qujia) oh elle entre pour se lier (xi) a la racine de la langue (sheben). Une branche monte a l’ angle de la mâchoire inferieure (quya), passe devant l’ oreille, établit une relation de dépendance avec le coin externe de l’ œil, monte, atteint le [point] han[yan] (4 VB) et se noue a l’ angle du front.

Quand ce tendon est malade, [on souffre] de tiraillements (zhi), de crampes dans les régions ou il passe et de rétraction de la langue.

Le traitement consiste des ponctures rapides a l’ aiguille de feu autant de fois qu’il le faut pour obtenir une efficacité et on choisit l’ endroit douloureux comme point d’acupuncture. Cela s’appelle le bi du dernier mois d’été (jixia bi).

Le tendon du yangming de main

Le tendon du yangming de main commence a l’ extrémité de l’ index, se noue au poignet, monte le long de l’ avant-bras, monte pour se nouer a [la face] externe du coude, monte au bras et se noue a la partie supérieure de l’ articulation de l’ épaule (yu). Une branche entoure l’ épaule et la région de l’ omoplate et [passe] des deux cotes du rachis (ji). Un [tendon] direct monte de la partie supérieure de l’ articulation de l’ épaule (jianyu) jusqu’à la nuque. Une branche monte a la joue (jia) et se noue aux pommettes. Un [tendon] direct monte pour sortir au-devant [du tendon] du taiyang de main, monte a l’ angle gauche du front, se lie (luo) a la tète et descend sur le cote droit de la région sous-maxillaire.

Quand ce [tendon] est malade, [on souffre] de tiraillements, de douleurs et de crampes dans les régions où il passe, on ne peut pas lever le bras et on ne peut tourner le cou ni a gauche ni a droite.

Le traitement consiste en des ponctures rapides a l’ aiguille de feu autant de fois qu’il le faut pour obtenir une efficacité et on choisit l’ endroit douloureux comme point d’acupuncture. Cela s’appelle le bi du premier mois d’été (mengxia bi).

Le tendon du taiyin de main

Le tendon du taiyin de main commence sur le pouce le long duquel il monte pour se nouer derrière l’ éminence thénar (yu), passe sur le cote externe de la gouttière radiale (cunkou), monte longer l’ avant-bras, se noue au milieu du coude, monte sur la face interne du bras, entre sous les aisselles, sort au creux sus-claviculaire et se noue au-devant de la partie supérieure de l’ articulation de l’ épaule (jian qian yu). [Une branche] monte se nouer dans le creux sus-claviculaire [une autre branche] descend se nouer dans le thorax (xiong li), se disperse et traverse le cardia (ben), s’unit sous le cardia et arrive aux cotes flottantes.

Quand ce [tendon] est malade, [on souffre] de tiraillements, de crampes et de douleurs dans les régions ou il passe. Si [l’ état] s’aggrave, la [maladie] xiben* se produit, il y a des contractions [dans la région] des cotes et on crache du sang.

Le traitement consiste en des ponctures rapides a l’ aiguille de feu autant de fois qu’il le faut pour obtenir une efficacité et on choisit l’ endroit douloureux comme point d’acupuncture. Cela s’appelle le bi du deuxième mois d’hiver (zhongdong bi).

Le dysfonctionnement de la région musculaire du Taiyin de main inclut l’hémoptysie. Bien qu’aucun traitement spécial ne soit mentionné, il faut savoir que le patient doit prendre des herbes au lieu d’être traité par acupuncture. En effet, la région affectée par le dysfonctionnement de la région musculaire du Taiyin de main se situe dans la poitrine.

Le tendon du ministre du cœur de la main

Le tendon du ministre du cœur de la main commence au médius ; il circule parallèlement au tendon du taiyin et se noue a la face interne du coude. II monte [le long du] cote interne (yin) du bras, se noue sous les aisselles, descend et se disperse sur les côtés antérieurs et postérieurs des côtes. Une branche entre dans les aisselles, se disperse dans la poitrine (xiong zhong) et se noue au cardia (ben).

Quand ce [tendon] est malade, [on souffre] de tiraillements, de crampes et de douleurs dans les régions ou il passe ainsi que de douleurs à la poitrine et de [maladie] xiben*.

Le traitement consiste en des ponctures rapides a l’ aiguille de feu autant de fois qu’il le faut pour obtenir une efficacité et l’ on choisit l’ endroit douloureux comme point d’acupuncture. Cela s’appelle le bi du premier mois d’hiver (mengdong bi).

Le tendon du shaoyin de main

Le tendon du shaoyin de main commence sur le bord interne de l’ auriculaire, se noue sur la styloïde cubitale, monte et se noue a la face interne du coude. II monte pour entrer dans l’ aisselle, croise [le tendon] de taiyin, entre profondément dans les seins (ru li), se noue dans la poitrine (xiong zhong), descend le long du cardia (ben) et descend se lier (xi) au nombril.

Quand ce [tendon] est malade, [on souffre] de contractions internes, [la maladie] fuliang se situe sous le cœur et en bas, le coude a du mal a fléchir. Quand ce [tendon] est malade, [on souffre] de tiraillements, de crampes et de douleurs dans les régions où il passe.

Le traitement consiste en des ponctures rapides a l’ aiguille de feu autant de fois qu’il le faut pour obtenir une efficacité et l’ on choisit l’ endroit douloureux comme point d’acupuncture. Si [la maladie] fuliang s’est constituée, on crache du pus et du sang et l’ on meurt sans pouvoir être guéri. Cela s’appelle le bi du dernier mois d’hiver (jidong bi).

Voici résumées quelques caractéristiques de douze régions musculaires.
(1) Elles partent tous des quatre extrémités, puis montent et se terminent au visage, à la tête à la poitrine et à l’abdomen.
(2) Elles se connectent aux articulations. La fonction de chaque articulation dépend de toutes les régions musculaires qui s’y connectent.
(3) Bien que certaines régions musculaires pénètrent dans le corps, elles ne sont reliées à aucun organe Zang-Fu.
(4) L’acupuncture peut être appliquée pour le dysfonctionnement des muscles des quatre membres, du dos, de la tête et du visage. Pour le traitement des dysfonctionnements des muscle de la poitrine et de l’abdomen on doit prescrire des herbes.

[En somme], dans les maladies des tendons des méridiens, le froid [provoque] des contractions, le chaud, le relâchement et la perte de la contractilité des tendons, l’ atrophie des organes génitaux externes (yinwei) et l’ impuissance. Si le yang est contracté (ji), il y a des cambrures ; si le yin est contracté, on est penché en avant et on ne peut pas se redresser. On poncture avec des pointes de feu (cuici) dans les contractions dues au froid ; en cas de chaleur, les tendons sont relâchés et ne peuvent se contracter, aussi on ne pratique pas de ponctures rapides a l’ aiguille de feu (fanzhen). La contraction des tendons du yangming de pied et du taiyang de main provoque une déviation de la bouche et des yeux, la contraction du coin de l’ œil et l’ impossibilité de jeter un coup d’œil rapide.
Le traitement de tout cela est semblable [a ce qui a été énoncé] ci-dessus.

Les dysfonctionnement des régions musculaires sont de deux types: froid et chaleur. Les crampes musculaires sont dues au froid, la flaccidité musculaire est due à la chaleur. La technique de l’aiguille de feu est appliquée en cas de dysfonctionnement des régions musculaires dues au froid.
Enfin, dans le Zhenjiu Jiayijing on peut lire : “Le tendon du taiyang de pied commence au petit orteil… et descend se nouer à la pommette… ” ; “Le tendon du shaoyang de pied commence sur le quatrième orteil…et monte se nouer à la pommette… ” ; ” Le tendon du yangming du pied commence au troisième orteil… arrive au creux sus claviculaire et s’y noue, monte au cou et des deux côtés de la bouche, s’unit aux pommettes…” .

Pour terminer nous pouvons citer le chapitre 56 du Su Wen : « Tous les méridiens ont des vaisseaux secondaires qui les relient à l’épiderme. Quand on est atteint par l’énergie perverse, celle-ci passe d’abord dans les vaisseaux secondaires pour pénétrer ensuite dans les méridiens, les organes, ou pour séjourner dans les muscles et les os… Quand les vaisseaux secondaires sont en plénitude et le méridien en vide, il faut faire des moxas au yin (au méridien) et puncturer le yang (aux vaisseaux secondaires). Quand le méridien est en plénitude et les vaisseaux secondaires en vide, il faut puncturer le Yin (le méridien) et faire des moxas au Yang… » C’est peut être ce chapitre du Su Wen qui pousse Chamfrault, dans son tome VI, à reprendre Nguyen Van Nghi et à développer une théorie énergétique de la circulation de l’énergie wei 衞 [卫], des attaques par les énergies perverses et du traitement des jingjin ou MTM. D’autres auteurs (Faubert, Guillaume, Ming Wong, Lebarbier, etc.) utilisent également ce système des MTM selon la conception de Chamfrault et Nguyen Van Nghi. Il apparait que ces théories ne sont pas conformes à celles du Ling Shu.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.