Hun men 魂門

Sources : Ling Shu et Zhen Jiu Jia Yi Jing, traductions C. Milsky et G. Andrès

Dans les douleurs précordiales, il faut piquer [sous] la 9ème vertèbre ; si [la douleur] ne s’arrête pas, il faut appuyer [après la] puncture, elle s’arrêtera immédiatement. Sinon, [il faut] essayer plus haut et plus bas ; dès qu’on obtient le résultat, on s’arrête immédiatement.

Lingshu chapitre 26 : « Maladies diverses »

D’après Zhang shi : « Le point en dehors de la 9ème vertèbre désigne Hun men (V47) […] Le hun (âme végétative) de l’organe foie et le shen (mental) de l’organe cœur se suivent et exécutent les mouvements d’entrée et de sortie. C’est pourquoi il est conseillé de puncturer Hun men (47V) pour aérer l’énergie du cœur. Masser avant de puncturer et masser de nouveau après avoir puncturé sont des gestes de conduction et d’aération de l’énergie permettant de guérir les douleurs du cœur ».

D’après Ma shi, il s’agit du « point situé au-dessous de l’apophyse épineuse de la 9ème vertèbre dorsale, c’est-à-dire le point Jin Suo (DM8). Pour obtenir la guérison, il faut le masser avant de puncturer. Si cette technique ne donne pas de résultat, il faut masser et puncturer en dessous de l’apophyse épineuse de la 8ème vertèbre ou en dessous de la 10ème vertèbre ; la guérison est immédiate. »

D’après Zhang shi : « Le point situé au-dessus du point puncturé est Ge guan (V46), à 1,5 cun en dehors de Ge shu (V17) et le point situé au-dessous est le point Yang Gang (V48), à 1,5 cun en dehors de Dan Shu (V19). L’énergie du cœur et celle du foie sont propulsées vers l’extérieur par les mouvements diaphragmatiques. C’est pourquoi, en cas de non guérison, il faut masser et puncturer ces deux points pour aérer xin shen (le mental du coeur) et le gan hun (âme végétative du foie). »

Le [point] Hun men (V47) se situe au-dessous de la 9ème vertèbre [dorsale], dans un creux, à trois cun de chaque côté […] On le localise en position assise.
On le puncture à 0,5 cun de profondeur. On y fait trois cônes de moxa.
Le souffle du méridien taiyang de pied s’y déploie.

Jia Yi Jing III-9 : “Les 26 points qui longent l’épine dorsale à 3 cun de chaque côté et qui descendent de la deuxième jusqu’à la vingt-et-unième vertèbre [4ème vertèbre sacrée]”

Selon Ling Shu ce que l’on appelle les 59 punctures [sont] : sur les côtés interne et externe des deux mains, il y en a trois de chaque [côté], soit [douze] points en tout [c’est à dire Shao shang (11P), Zhong chong (9PC), Shao chong (9C) du côté interne et Shao ze (1IG), Guan chong (1SJ), Chang yang (1GI) du côté externe].

Aux intervalles des cinq doigts1, il y en a un à chaque [intervalle], soit huit points en tout [c’est à dire Hou xi (3IG), Zhong zhu (3SJ), San jian (3GI), Shao fu (8C)].

Il en est de même aux pieds [c’est à dire Shu gu (65V), Zu lin qi (41VB), Xian gu (43E), Tai bai (3Rte)].

[Au-dessus du front], à 1 pouce à l’intérieur des cheveux, il y en a trois de chaque [côté], soit six [points] en tout [c’est à dire Wu shu (5V), Cheng guan (6V), Tong tian (7V)].

Plus loin, à trois pouces à l’intérieur des cheveux, il y en a cinq de [chaque] côté, soit dix [points] en tout [c’est à dire Lin qi (15VB), Mu chuang (16VB), Zheng ying (17VB), Cheng ling (18VB), Nao kong (19VB)].

En avant et en arrière de l’oreille, au-dessous de la bouche, il y en a un à chaque endroit qui, avec celui du milieu de la nuque, en fait six en tout [c’est à dire Ting hui (2VB), Wan gu (12VB), Cheng jiang (24RM), Ya men (15DM)].

Il y en a un au vertex [c’est à dire Bai hui (20DM)], un au [point] Xin hui (22DM), un à chaque bord des cheveux [Selon Leijing, il s’agit de deux points : l’un au bord des cheveux en avant, c’est à dire Shen ting (24DM) et l’autre en arrière, c’est à dire Feng fu (16DM)], un au point Lian quan (23RM), deux au point Feng chi (20VB) et deux aux [points] Tian zhu (10V).

Le Su Wen déclare que les 59 [points] sont les suivants : cinq points sur [chacune des] cinq lignes de la tête2 pour disperser par le haut le reflux de la chaleur de tous les yang.

[Les points] Da zhui (14DM), Ying shu (1P), Que pen (12E), Bei shu (12V)* servent tous les huit à disperser la chaleur du thorax.

[Les points] Qi chong (30E), San li (36E), Ju xu shang lian (37E) et Ju xu xia lian (39E) servent tous les huit à disperser la chaleur de l’estomac.

[Les points] Yun men (2P), Yu gu (15GI), Wei zhong (40V) et Sui kong (11R)** servent tous les huit à disperser la chaleur des quatre membres.

Les cinq [points] situés des deux côtés des points shu [du dos] des cinq organes [Po hu (42V), Shen tang (44V), Hun men (47V), Yi shu (49V) et Zhi shi (52V)] servent tous les dix à disperser la chaleur des cinq organes.

Ces 59 [points] sont à gauche et à droite [des points importants pour guérir les maladies] fébriles.

Jia Yi Jing VII-1 : « Atteintes par le froid et maladies fébriles produites par l’affection des six méridiens » et Su Wen, chapitre 61 : « Les points eau et chaleur », Ling Shu chapitre 23 : « Maladies fébriles »

* 背輸 Bei shu est un nom secondaire des points 11V, 12V et 15V. Il s’agit ici du 12V.
** 髓空 Sui kong est un nom secondaire des points 11R et 2DM.

  1. Selon le Leijing, il s’agit des points situés en arrière des articulations métacarpo-phalangiennes.
  2. Le Leijing précise : « les cinq lignes de la tête indiquent les cinq trajets des méridiens, le dumai, les deux taiyang de pied et les deux shaoyang de pied. Les cinq points sont respectivement : Shang xing (23DM), Xin hui (22DM), Xian ding (21DM), Bai hui (20DM) et Hou ding (19DM) ; Wu chu (5V), Cheng guan (6V), Tong tian (7V), Luo que (8V) et Yu zhen (9V) ; Lin qi (15VB), Mu chuang (16VB), Zheng ying (17VB), Cheng ling (18VB) et Nao kong (19VB) ; soit 25 points en tout. »

La sensation de gonflement et de plénitude de la poitrine et des côtés, les douleurs dorsales (背 bei), la crainte du vent et du froid, la non descente des aliments, les vomissements des aliments dès qu’ils sont avalés relèvent du [point] Hun men (47V).

Jia Yi Jing VII-1 : « Atteintes par le froid et maladies fébriles produites par l’affection des six méridiens »

Lorsque dans la malaria le pouls est rempli (滿 man), grand (大 da) et impétueux (急 ji), on puncture les points shu du dos (背俞 beishu)1 et sur les côtés les cinq points latéraux2 en utilisant l’aiguille moyenne et en puncturant une fois chaque point. On fait saigner en fonction de la corpulence [du malade].

Jia Yi Jing VII-5 : « Les trois (types) de malaria causée par la permutation du yin et du yang » d’après le Su Wen chapitre 36 : « La puncture de la malaria »
  1. Il s’agit des points shu du dos, à savoir : Fei shu (13V), Xin shu (15V), Gan shu (18V), Pi shu (20V) et Shen shu (23V).
  2. Littéralement cinq points sous-axillaires (五胠俞 wuqushu). Les interprétations concernant ce terme divergent. La présente édition suit le Leijing et le Suwen jizhuqui donnent les points : Po hu (42V), Shen tang (44V), Hun men (47V), Yi she (49V) et Zhi shi (52V). Wu kun pense qu’il s’agit des points : Po hu (42V), Shen tang (44V), Yi xi (45V), Ge guan (46V) et Hun men (47V).

Les douze [types de] malaria1 ont chacun leur propre moment d’accès ; on observe les symptômes afin de savoir quel est le méridien (脈 mai) malade.

Si on puncture le temps d’un repas avant l’accès, à la première fois [la maladie] s’affaiblit, à la deuxième [l’amélioration] est perceptible, à la troisième [le malade] guérit.

S’il ne guérit pas, on puncture les deux vaisseaux sous la langue en les faisant saigner.

S’il ne guérit [toujours] pas, on puncture le méridien en excès (盛經 sheng jing)2 [au point] Xi zhong (40V) pour le faire saigner ainsi que [les points] qui longent la colonne vertébrale sous la nuque et [le malade] guérira obligatoirement.

Les deux vaisseaux sous la langue sont les points lian quan3.

Jia Yi Jing VII-5 : « Les trois (types) de malaria causée par la permutation du yin et du yang » d’après le Su Wen chapitre 36 : « L’acupuncture dans les malarias »
  1. Il s’agit des malarias des six méridiens, des cinq organes et de celle de l’estomac.
  2. 盛經 sheng jing désigne ici les vaisseaux congestionnés.
  3. Le Suwen shi indique qu’ici il ne doit pas s’agir du point Lian quan car les points du ren mai sont tous uniques et il ne peut donc pas y en avoir deux. Le chapitre 59 « Discussion sur les demeures du souffle » (Qifu lun) du Suwen dit : « Le shaoyin de pied [a] sous la langue un [point] de chaque [côté] ». Wang Bing commente : « Les deux points sous la langue du shaoyin se situent dans un creux devant le ren ying et devant les artères, ils s’appellent she ben (racine de la langue) et [se situent] à droite et à gauche [de celle-ci, soit] deux [points en tout] ». Le chapitre 5 « Les racines et les nœuds » (genjie) du Lingshu dit : « Le shaoyin s’enracine au [point] Yong quan (1R) et se noue au [point] Lian quan ».

Acupuncture de Maitre Tung Jing-chang 董氏针灸

Hun men 魂門 est utilisé pour traiter l’hypertension et les attaques de froid pervers sévères.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.