Feng fu 風府

Sources : Ling Shu et Zhen Jiu Jia Yi Jing, traductions C. Milsky et G. Andrès

Le [point] Feng fu (16DM), qui s’appelle aussi She ben, se situe à la nuque à un pouce au-dessus du bord des cheveux, dans un creux entre de grands tendons ; dès que l’on parle vite à cet endroit la chair s’élève, dès que l’on se tait la chair s’abaisse.

Il est interdit d’y pratiquer la moxibustion [sous peine] de rendre le patient aphone. On le puncture à 0,4 pouce de profondeur et on laisse l’aiguille pendant trois expirations.

Jiayi jing III-2 : « Les huit points [situés] sur la ligne médiane qui va du nez à la tête, à partir d’un pouce à l’intérieur des cheveux jusqu’au [point] Feng fu (16VG) »

Sont formellement interdits à la moxibustion les [points] : Tou wei (8E), Cheng guang (6V), Nao hu (17DM), Feng fu (16DM), Yin men (15DM) [la moxibustion rend le patient muet], Xia guan (7E) […] s’il y a du cérumen (gandi) dans l’oreille, Er men (21TR) […] s’il y a du pus dans l’oreille, Ren ying (9E), Si zhu kong (23TR) [si par malheur on fait des moxas, les yeux rapetissent ou bien le patient devient aveugle], Cheng qi (1E), Ji zhong (6DM) [si on fait des moxas le patient devient bossu], Bai huan shu (30V), Ru zhong (17E), Shi men (5RM) chez la femme, Qi jie (30E) [si par malheur on fait des moxas on provoque de la dyspnée], Yuan ye (22VB) [si par malheur on fait des moxas on provoque des tuméfactions phagédéniques], Jing qu (8P) [blesse l’esprit du patient], Jiu wei (15RM), Yin shi (33E), Yang guan (3RM), Tian fu (3P) [provoque un reflux respiratoire chez le patient], Fu tu (32E), Di wu hui (42VB) [provoque de la maigreur chez le patient], Qi mai (18TR). Tels sont les points interdits à la moxibustion.

Jia Yi Jing V-1 (2) : « Les interdictions de la puncture et de la moxibustion »

Au milieu des creux sus-claviculaires (缺盆 quepen), c’est le [méridien] renmai [où se situe] le point appelé Tian tu (22RM).

Des deux côtés du renmai, sur la première rangée [verticale], là où il y a un vaisseau qui bat, c’est le [méridien] yangming de pied [où se situe] le point appelé Ren ying (9E) ; sur la deuxième rangée, c’est le [méridien] yangming de main [où se situe] le point appelé Fu tu (18GI) ; sur la troisième rangée, c’est le [méridien] taiyang de main [où se situe] le point appelé Tian chuang (16IG) ; sur la quatrième rangée, c’est le [méridien] du shaoyang de pied [où se situe] le point appelé Tian rong (17IG) ; sur la cinquième rangée, c’est le [méridien] du shaoyang de main [où se situe] le point appelé Tian you (16TR) ; sur la sixième rangée, c’est le [méridien] du taiyang de pied [où se situe] le point appelé Tian zhu (10V) ; sur la septième rangée, en plein milieu (中央 zhong yang) de la nuque, c’est le [méridien] dumai [où se situe] le point appelé Feng fu (16DM).

À l’intérieur des aisselles, là où il y a un vaisseau qui bat, c’est le [méridien] taiyin de main [où se situe] le point appelé Tian fu (3P).

Trois pouces au-dessous des aisselles, c’est le [méridien] ministre du cœur de main [où se situe] le point appelé Tian chi (1PC).

Ling Shu, chapitre 2 : « Les points shu des quatre membres »

L’homme a quatre mers. Les douze cours d’eau se déversent dans les quatre mers. Il y a la mer des moelles, la mer du sang, la mer du souffle, la mer de l’eau et des céréales1. L’estomac, c’est la mer de l’eau et des céréales, son point en haut c’est Qi jie (30E), en bas c’est San li (36E). Le chongmai, c’est la mer des douze méridiens, son point (輸 shu) en haut c’est Da zhu (11V), en bas ces points (輸 shu) sortent à Ju xu shang lian (37E) et Ju xu xia lian (39E). Le milieu de la poitrine (膻中 tanzhong)2, c’est la mer des souffles, ses points (輸 shu) en haut sont au-dessus et au-dessous de la septième vertèbre cervicale (柱骨 zhugu)3, en avant c’est Ren ying (9E). Le cerveau, c’est la mer des moelles, son point (輸 shu) en haut se situe au vertex (蓋 gai)4, en bas c’est Feng fu (16DM).

Ling Shu, chapitre 33 : « Discussion sur les mers » / Jiayi jing I-8 : « Les quatre mers »
  1. Ce passage provient du Jiayi jing.
  2. C’est aussi le nom du point 17RM.
  3. D’après le commentaire chinois, il s’agit des points Da zhui (14DM) et Ya men (15DM).
  4. C’est le point Bai hui (20DM)

C’est [un point de] rencontre du dumai et du yangwei mai.

Jiayi jing III-2 : « Les huit points [situés] sur la ligne médiane qui va du nez à la tête, à partir d’un pouce à l’intérieur des cheveux jusqu’au [point] Feng fu (16DM) »

Huangdi demanda : Les maladies de la chaleur (熱病 rebing) appartiennent toutes à la catégorie des atteintes par le froid ; certains en guérissent, d’autres en meurent. Ceux qui meurent le font dans un délai de six à sept jours, ceux qui guérissent attendent plus de dix jours, pourquoi ?
Qibo répondit : Les [méridiens] yang dépendent (屬 shu)1 du taiyang. Ce méridien (脈 mai) rejoint le [point] Feng fu (16DM)2, c’est pourquoi il régit le souffle des [méridiens] yang3.

Jia Yi Jing VII-1 (1) : « Atteintes par le froid et maladies fébriles produites par l’affection des six méridiens » / SW 31 : « Discussion sur [les maladies de] la chaleur (熱病 rebing) »
  1. Le Leijing dit : « Le taiyang est le supérieur des six méridiens, il régit l’ensemble de la zone yang (陽分 yangfen), c’est pourquoi les [méridiens] yang en dépendent tous. Le Suwen jizhu dit : « 屬 Shu (traduit dans le texte par “dépendre”) signifie “réunir”. Ceci veut dire que le taiyang est celui qui réunit les yang ».
  2. Le point Feng fu (16DM) est le point de rencontre du dumai, du taiyang de pied et du yangwei mai.
  3. Le Taisu dit : « Les [méridiens] yang sont dumai et yangwei mai. Le dumai c’est la mer des méridiens (脈 mai) et le yangwei relie tous les méridiens (脈 maiyang. Ils se réunissent au [point] Feng fu (16DM) et dépendent du méridien (脈 maitaiyang, c’est pourquoi le méridien taiyang de pied régit le souffle des [méridiens] yang »

[Huangdi] demanda : Quel est le souffle qui fait en sorte que les accès retardent ou avancent de jour en jour ?

[QIbo] répondit : Le souffle pervers s’installe au point Feng fu (16DM) et descend le long de la colonne vertébrale. Le souffle défensif fait une grande réunion (大會 dahui) à chaque nycthémère au [point] Feng fu (16DM) et le pervers descend chaque jour d’une vertèbre, c’est pourquoi les accès retardent 1.

Il en est ainsi parce que [le pervers] loge d’abord dans le dos. Chaque fois que le [souffle défensif] arrive au [point] Feng fu (16DM), les linéaments 腠理 couli s’ouvrent. Si les couli s’ouvrent, le souffle pervers pénètre et lorsqu’il pénètre, il y a accès de la maladie. C’est pour cette raison que les accès quotidiens retardent quelque peu.

En sortant du [point] Feng fu (16DM), [le souffle pervers] descend d’une vertèbre par jour.

Au 21ème jour, il arrive au sacrum ; au 22ème jour, il entre à l’intérieur de la colonne vertébrale et se verse dans le chōngmài (太衝之脈 tàichōng zhī mài)2.

Le souffle monte pendant 9 jours et sort au milieu du creux sus-claviculaire (quepen)3. Ce souffle monte plus haut de jour en jour, c’est pourquoi les accès sont chaque jour plus tôt. Quant aux accès qui ont lieu tous les deux jours, comme le souffle pervers se presse à l’intérieur (neibo) dans les 5 organes et se lie horizontalement à la région entre la plèvre et le diaphragme, le chemin [à parcourir] est long.

Ce souffle se situant profondément et sa circulation étant lente, il ne peut pas circuler avec le souffle défensif et ne peut pas sortir avec lui, c’est pourquoi il y a des accès tous les deux jours.

Jia Yi Jing VII-5 : « Les trois [types] de malaria causées par la permutation du yin et du yang » / SW 35 : « Discussion sur les malarias »
  1. Les commentaires du Leijing de Wang Bing, etc… expliquent que l’accès de malaria se produit lors de la rencontre du souffle défensif avec le souffle pathogène externe qui pénètre d’abord dans la région du point Feng fu (16DM) et ensuite descend le long de la colonne vertébrale à la vitesse d’une vertèbre par jour, ce qui allonge le chemin du souffle défensif avant la rencontre du souffle pervers. Un chemin exigeant un temps plus long, les accès retardent.
  2. 太衝 tàichōng est un autre nom du 衝脈 chōngmài. Le texte du Suwen l’appelle fulü. 伏膂之脈 fu lü zhi mai représente le 督脈 dumai ou le 衝買 chongmai dans leur portion dorsale profonde (Grand Ricci). D’après Wang Bing, fulü est un branche interne du méridien du rein. De la même façon, à la place de 21ème et 22ème jours, le Suwen dit : 25ème et 26ème jours. Se basant sur le nombre de vertèbres, la plupart des commentaires anciens suivent le Jiayi jing d’autant plus aisément que le Taisu donne les nombres 21 et 22.
  3. D’après le commentaire de Wang Bing, cette phrase doit se lire : « sort au [point] Que pen (12E) » car ici le souffle pervers quitte le méridien du rein pour entrer dans le méridien du poumon. Cependant, le Suwen shi précise que dans ce texte quepen ne désigne pas le point de même nom (12E), mais le creux sus-claviculaire. L’édition chinoise suit cette dernière interprétation.

Quand, venant du dehors, le vent pénètre, il fait frissonner, transpirer et rend la tête douloureuse, le corps pesant et frileux. Le traitement est au Feng fu (16DM), on régularise en suite le yin et le yang en tonifiant l’insuffisance et en dispersant le surplus. Dans le “grand vent” où la nuque est douloureuse, on pique Feng fu (16DM) qui est au-dessus de la vertèbre supérieure.

Suwen, chapitre 60 : « Des creux osseux »

L’homme a quatre mers. Les douze cours d’eau se déversent dans les quatre mers … Le cerveau, c’est la mer des moelles, son point (輸 shu) en haut se situe au vertex (蓋 gai)1, en bas c’est Feng fu (16DM) … Quand la mer des moelles est trop abondante, on se sent léger et fort outre mesure ; quand la mer des moelles est insuffisante, on a des vertiges et des acouphènes, les jambes sont courbaturées, on est étourdi et les yeux ne voient pas, on est indolent et on a envie de rester couché.

Lingshu, chapitre 33 : « Discussion sur les mers » / Jiayi jing I-8 : « Les quatre mers »
  1. C’est le point Bai hui (20DM)

L’essence et le souffle (精氣 jingqi) des cinq organes et des six entrailles1 montent se déverser dans les yeux pour donner la vigueur du regard (精 jing)2. L’endroit où s’accumule l’essence, ce sont les yeux.

L’essence des os, c’est la pupille (黑眼 heiyan)3 ; l’essence des tendons, c’est l’iris ; l’essence du sang, ce sont les luo4. L’endroit où s’accumule l’essence du souffle, c’est le blanc des yeux (白眼 baiyan)5 ; l’essence de la chair (肌肉 jirou), ce sont les paupières (約束 yueshu)6.

[Ainsi], l’essence qui enveloppe (裹擷 guoxie) les tendons, les os, le sang et le souffle s’unit aux vaisseaux (ou méridiens) et forme le système de liaison [de l’oeil]7 puis elle monte, établit une relation de dépendance avec le cerveau et, en arrière, sort au milieu de la nuque.

C’est pourquoi, lorsque le pervers atteint (中 zhong) la nuque8 et, profitant du vide du corps, pénètre en profondeur, il suit les connections (系 xi) de l’ œil et pénètre dans le cerveau.

S’il pénètre dans le cerveau, on ressent un vertige dans le cerveau (腦轉 naozhuan) et, s’il y a un vertige dans le cerveau, [cela provoque] une tension des connections de l’ œil. Si ces dernières sont tendues, les yeux sont éblouis et on a des vertiges. Si le pervers [atteint] la vue (精 jing), l’atteinte de la vue n’est pas la même pour chaque œil. Alors l’essence se disperse et, si elle se disperse, elle bifurque, c’est pourquoi [on souffre] de diplopie (視歧 shiqi).

Ling Shu, chapitre 80 : « Discussion sur le grand trouble de l’esprit » / Jiayi jing XII-4 : « Maladies oculaires provoquées par l’atteinte des méridiens (脈 maitaiyang et yangming de pied et shaoyang de main »
  1. Jingqi peut aussi se traduire par « souffle essentiel », mais ici nous avons préféré suivre le Taisu qui précise qu’il s’agit « des liquides essentiels » et « des souffles clairs » des organes et des entrailles.
  2. Selon le Leijing, 精 jing (essence) remplace 精明 jingming (vigueur du regard) et la fin de la phrase signifie : « …pour assurer la vigueur du regard ». On peut aussi le traduire par vue.
  3. Ici, pupille (ordinairement 瞳子 tongzi) s’appelle 黑眼 heiyan (littéralement le noir [de l’]oeil). Le Leijing dit : « L’essence des os est gouvernée par le rein, le rein gouverne l’eau dont la couleur est le noir, c’est pourquoi le centre de la pupille set brillant et très noir. »
  4. Le Leijing dit : « Les luo sont les vaisseaux sanguins. L’essence des vaisseaux sanguins est gouvernée par le coeur, dont la couleur est le rouge, c’est pourquoi les coins des yeux sont rouges. »
  5. Le Leijing dit : « L’essence du souffle est gouvernée par le poumon dont [l’élément] est le métal, c’est pourquoi [le blanc des yeux] est [de couleur] blanche. »
  6. Le Leijing dit : « 約束 yueshu (textuellement contenir, contenance) veut dire les paupières. Elles peuvent s’ouvrir et se fermer ; elles sont de l’essence de la chair qui est gouvernée par la rate. »
  7. Pour le Leijing, ce sont les paupières qui enveloppe l’essence des tendons, des os, du sang et du souffle. Celles-ci, précise t-il, dépendent de la rate qui est sous le signe de la terre dont la fonction est de thésauriser les êtres.
  8. Le Leijing dit : « Le souffle pervers atteint [le point] Feng fu (16DM), [qui se situe] entre [les points] Tian zhu (10V). »

Selon Lingshu, « ce que l’on appelle les 59 punctures [sont] : sur les côtés interne et externe des deux mains, il y en a trois de chaque [côté], soit [douze] points en tout [c’est à dire Shao shang (11P), Zhong chong (9PC), Shao chong (9C) du côté interne et Shao ze (1IG), Guan chong (1TR), Chang yang (1GI) du côté externe].

Aux intervalles des cinq doigts1, il y en a un à chaque [intervalle], soit huit points en tout [c’est à dire Hou xi (3IG), Zhong zhu (3TR), San jian (3GI), Shao fu (8C)] ; il en est de même aux pieds [c’est à dire Shu gu (65V), Zu lin qi (41VB), Xian gu (43E), Tai bai (3Rte)].

[Au-dessus du front], à 1 pouce à l’intérieur des cheveux, il y en a trois de chaque [côté], soit six [points] en tout [c’est à dire Wu shu (5V), Cheng guan (6V), Tong tian (7V)]. Plus loin, à trois pouces à l’intérieur des cheveux, il y en a cinq de [chaque] côté, soit dix [points] en tout [c’est à dire Lin qi (15VB), Mu chuang (16VB), Zheng ying (17VB), Cheng ling (18VB), Nao kong (19VB)].

En avant et en arrière de l’oreille, au-dessous de la bouche, il y en a un à chaque endroit qui, avec celui du milieu de la nuque, en fait six en tout [c’est à dire Ting hui (2VB), Wan gu (12VB), Cheng jiang (24RM), Ya men (15DM)].

Il y en a un au vertex [c’est à dire Bai hui (20DM)], un au [point] Xin hui (22RM), un à chaque bord des cheveux [selon Leijing, il s’agit de deux points : l’un au bord des cheveux en avant, c’est à dire Shen ting (24DM) et l’autre en arrière, c’est à dire Feng fu (16DM)], un au point Lian quan (23RM), deux au point Feng chi (20VB) et deux aux [points] Tian zhu (10V) ».

Le Suwen dit : ” Les 59 [points] sont les suivants : cinq points sur [chacune des] cinq lignes de la tête2 pour disperser par le haut le reflux de la chaleur de tous les yang.

[Les points] Da zhui (14DM), Ying shu (1P), Que pen (12E), Bei shu (12V)* servent tous les huit à disperser la chaleur du thorax.

[Les points] Qi chong (30E), San li (36E), Ju xu shang lian (37E) et Ju xu xia lian (39E) servent tous les huit à disperser la chaleur de l’estomac.

[Les points] Yun men (2P), Yu gu (15GI), Wei zhong (40V) et Sui kong (11Rn)** servent tous les huit à disperser la chaleur des quatre membres.

Les cinq [points] situés des deux côtés des points shu [du dos] des cinq organes [Po hu (42V), Shen tang (44V), Hun men (47V), Yi shu (49V) et Zhi shi (52V)] servent tous les dix à disperser la chaleur des cinq organes.

Ces 59 [points] sont à gauche et à droite [des points importants pour guérir les maladies] fébriles.” »

Jiayi jing VII-1 (2) : « Atteintes par le froid et maladies fébriles produites par l’affection des six méridiens » / SW 61 : « Les points des eaux et des chaleurs » / LS 23 : « Maladies fébriles »

* 背輸 Bei shu est un nom secondaire des points 11V, 12V et 15V. Il s’agit ici du 12V.

** 髓空 Sui kong est un nom secondaire des points 11R et 2DM.

  1. Selon le Leijing, il s’agit des points situés en arrière des articulations métacarpo-phalangiennes.
  2. Le Leijing précise : « les cinq lignes de la tête indiquent les cinq trajets des méridiens, le dumai, les deux taiyang de pied et les deux shaoyang de pied. Les cinq points sont respectivement : Shang xing (23DM), Xin hui (22DM), Xian ding (21DM), Bai hui (20DM) et Hou ding (19DM) ; Wu chu (5V), Cheng guan (6V), Tong tian (7V), Luo que (8V) et Yu zhen (9V) ; Lin qi (15VB), Mu chuang (16VB), Zheng ying (17VB), Cheng ling (18VB) et Nao kong (19VB) ; soit 25 points en tout. »

Dans la puncture contre la malaria, on se renseigne d’abord sur l’endroit où commence l’accès de la maladie et l’on puncture en premier cet endroit.

Si [le patient] commence par avoir la tête douloureuse et lourde, on puncture d’abord en haut de la tête, des deux cotés du front, entre les sourcils et l’on fait saigner1.

S’il commence par avoir des douleurs à la nuque et au dos, on les puncture d’abord.

S’il commence par avoir des douleurs aux vertèbres lombaires, on puncture d’abord Xi zhong (40V) et on le fait saigner.

S’il commence par des douleurs aux mains et aux bras, on puncture d’abord les shaoyin et yangming de main et les dix doigts.

S’il commence par des douleurs et des courbatures aux pieds et aux jambes, on puncture d’abord le yangming2 de pied et les dix doigts que l’on fait saigner.

Jia Yi Jing VII-5 : « Les trois (types) de malaria causée par la permutation du yin et du yang » / SW 36 : « L’acupuncture dans les malarias »
  1. Le Leijing dit : « En haut de la tête désigne les points Bai hui (20DM) et Shang xing (23DM). Les deux côtés du front désignent les points Xuan lu (5VB) du shaoyang de pied. Entre les sourcils désigne le point Zan zhu (2V) du taiyang de pied ».
  2. Le Leijing dit : « Pour les shaoyin et yangming de main, il s’agit des points 井 jing (puits), Shao chong (9C) et Shang yang (1GI). On puncture les dix doigts en traitant aussi les points 井 jing (puits) selon les méridiens affectés par la maladie ».

[Contre] l’insensibilité des pieds on puncture le [point] Feng fu (16DM).

Jia Yi Jing X-1 (2) : « Les 痺 bi provoqués par le yin atteint par la maladie »

Si le vent [pénètre par] le [point] Feng fu (16DM) et monte, il crée un vent de cerveau (腦風 naofeng).

S’il pénètre et se connecte (系 xi) à la tête, il crée un vent oculaire (目風 mufeng) et [on souffre] de froid aux yeux1.

Si l’on est attaqué par le vent en buvant du vin, il crée un vent de suintement (漏風 loufeng)2.

Si l’on est attaqué par le vent lors d’une transpiration après des rapports sexuels, il crée un vent interne (內風 neifeng).

Si l’on est attaqué par le vent juste après s’être lavé les cheveux, il crée un vent de tête (首風 shoufeng).

Si le vent dure longtemps et pénètre à l’intérieur (中 zhong), il crée un vent d’intestins (腸風 changfeng) et une diarrhée avec aliments non digérés (飧泄 sunxie)3.

S’il se tient à l’extérieur dans les linéaments (腠理 couli), il crée un vent d’écoulement (泄風 xiefeng).

C’est pourquoi le vent, c’est le supérieur de toutes les maladies. [En pénétrant dans le corps], il provoque des transformations (變化 bianhua) et crée d’autres maladies. Il ne suit pas de règles constantes, mais [toutes les maladies] ont le souffle vent pour origine.

Jia Yi jing X-2 (1) : « Le vent provoqué par le yang atteint par la maladie »
  1. Le Leijing dit : « Lorsque le vent pénètre par le [point] Nao hu (17DM) et se lie à la tête, il s’unit au taiyang de pied. Le méridien taiyang de pied commence au coin interne des yeux, c’est pourquoi quand le pervers veut pénétrer [dans ce méridien] il produit le vent oculaire et [on souffre] de douleur, de démangeaisons ou encore de froid aux yeux, crainte du vent et gêne [oculaire] ».
  2. Wang Bing dit : « Quand la chaleur s’accumule, les linéaments (腠理 couli) s’ouvrent, on est atteint par le vent et on transpire beaucoup comme un liquide qui suinte. C’est pourquoi on dit “vent de suintement”. Le classique (Suwen, chap. 46) l’appelle également “vent du vin” ».
  3. Pour le Leijing, il s’agit de deux maladies distinctes : en cas de chaleur, il y a vent d’intestins avec hémorragie par l’anus ; en cas de froid, c’est la diarrhée avec des aliments non digérés. Par contre, Wang Bing pense qu’il s’agit d’une seule maladie, le vent d’intestins impliquant une diarrhée avec des aliments non digérés.

Les céphalées, les contractures à la nuque au point que l’on ne peut ni baisser la tête ni l’incliner sur le côté1, vertiges, vue trouble, difficulté à retrouver son souffle, contractures de la langue et difficulté de parler relèvent de la puncture du [point] Feng fu (16DM).

Jia Yi Jing X-2 (2) : « Le vent provoqué par le yang atteint par la maladie »
  1. La présente édition chinoise dit « ne peut pas se retourner ».

La folie (狂易 kuangyi) avec logorrhée incessante, [le malade] qui court comme un fou, envie de se suicider et hallucinations visuelles relève du [point] Feng fu (16DM).

Jia Yi Jing XI-2 : « Folie furieuse et épilepsie provoquées par un jue yang et une grande frayeur »

Dans l’aphonie subite avec perte [complète] de la voix et pharynx douloureux on puncture le [point] Feng fu (16DM).

Jia Yi Jing XII-2 : « Aphonie et perte [complète] de la voix provoquées par la localisation du souffle froid dans l’épiglotte (厭 yan) »

Acupuncture de Maitre Tung Jing-chang 董氏针灸

Qi Shing 七星 fait référence à sept points, dont Zong Shu qui coïncide avec Feng Fu (16DM) et Fen Shu qui coïncide avec Ya Men (15DM). Ces deux points doivent être utilisés dans la saignée (mais pas les sept points de la zone). Il est contre-indiqué d’insérer à une profondeur supérieure à 0,3 cun. Lorsque l’aiguille triangulaire est utilisée pour la saignée, pincer le muscle autour du point, puis insérez l’aiguille.

7 points dans ce groupe : le 1er est 0.8 cun au-dessus de la ligne des cheveux postérieure, le long du Du Mai; le 2ème points est 1 cun en dessous du 1er point; le 3ème  point est 1 cun en dessous du 2ème point; les points 4 et 5 sont à 0,8 cun latéral par rapport au 2ème point; les points 6 et 7 sont 1 cun latéral du 3ème point.
Les trois premiers points sont choisis comme points principaux, les quatre derniers comme points auxiliaires.

Indications: vomissements, rhume avec maux de tête, fièvre chez les enfants et divers syndromes liés à la présence de vent chez les enfants, apoplexie avec aphasie et dysphagie.

Le traitement de la “rigidité de la langue” ou de l’aphasie due à l’apoplexie est assez efficace si l’on puncture les points autour de FengFu et YaMen en micro-saignée. On traite généralement une fois tous les 3-4 jours.

Sur la base de la correspondance entre la face antérieure et la face postérieure, Feng Fu est indiqué dans les maladies de la face antérieure comme les nausées, les vomissements, la dysphonie. Comme Feng Fu est situé sur le Du Mai, il possède une très forte fonction sédative sur les vertèbres lombaires. De plus, le Du Mai réchauffe le Yang et traite la faiblesse des membres inférieurs.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.