Da dun 大敦

Sources : Ling Shu et Zhen Jiu Jia Yi Jing, traductions C. Milsky et G. Andrès

[Le point] Da dun (1F) [se situe] à l’extrémité du gros orteil, au milieu des « trois poils »1.

Lingshu chapitre 2 : « Les points shu des quatre membres »
  1. Désigne la région située derrière l’ongle du gros orteil, sur la phalange distale.

Le [point] Da dun (1F) se situe à l’extrémité du gros orteil, distant de l’ongle [de la largeur] d’une feuille d’échalote (韭 jiu)2, dans les trois poils3.

Jiayi jing III-31 : « Les 22 points du jueyin de pied aux membres inférieurs1 »
  1. Littéralement « les vingt deux points du jueyin de pied arrivant aux cuisses.
  2. Il s’agit d’une sorte d’échalote chinoise (Allium tuberosum rottler) aux feuilles étroites (environ 0,1 pouce). Les commentaires anciens de cette phrase divergent : les uns ajoutent le mot « angle » en disant « distant de l’angle de l’ongle », tandis que d’autres mettent l’accent sur la différence qui existe entre ce point jing (puits) et les autres, disant qu’ils se trouvent tous sur le côté de l’extrémité du doigt, sauf le point Da dun (1F) qui est au milieu.
  3. Le Sishi jing fawei dit : « En arrière de l’ongle du gros orteil cela s’appelle “les trois poils” et en arrière des “trois poils” et du pli, c’est la “touffe de poils”. Le premier indique la surface de la phalangine, le second celui de la phalangette ».

On le puncture à 0,3 pouce de profondeur et on laisse l’aiguille pendant dix expirations. On y fait trois cônes de moxa.

Jiayi jing III-31 : « Les 22 points du jueyin de pied aux membres inférieurs1 »

1. Littéralement « les vingt deux points du jueyin de pied arrivant aux cuisses.

[Le souffle] foie sort au [point] Da dun (1F) […] c’est le [point] jing (puits), [son élément] est le bois.

Lingshu chapitre 2 : « Les points shu des quatre membres »

Le jueyin s’enracine à Da dun (1F) et se noue à Yu ying (18VC)1, et se lie (絡 luo) à Tan zhong (17VC)2.

LS 5 : « Racines et noeuds » / Jiayi jing II-5 : « Le noeud et la racine des méridiens »
  1. Autre nom du point Yu tang (18VC).
  2. Le Taisu dit : « Le jueyin sort d’abord à Da dun (1F) où il s’enracine, il circule jusqu’à l’endroit où est son tronc d’enracinement situé à cinq distances au-dessus de Xing jian (2F). Il circule jusqu’à Yu ying (18VC) et Tan zhong (17VC) où il se noue, arrive à Gan shu (18V) qui est sa cime, et c’est là qu’est la différence ».

Lorsque les trois vaisseaux (脈 mai)1 battent dans la région du gros orteil2, il faut examiner soigneusement s’ils sont vides ou pleins. S’ils sont vides et qu’on les disperse, c’est ce que l’on appelle un double vide (重虛 chongxu) et un double vide aggrave la maladie3. En somme, lorsque l’on puncture un tel [patient], il faut appuyer dessus avec les doigts : si les battements des pouls sont pleins (實 shi) et vifs (疾 ji), on les disperse rapidement ; s’ils sont vides et calmes (徐 xu), on les tonifie. Le contraire aggrave la maladie. [Parmi les trois pouls] qui battent [au gros orteil]4, le yangming se situe en haut, le jueyin au milieu et le shaoyin est en bas.

Ling shu chapitre 9 : « Fin et commencement »
  1. D’après le Leijing, il s’agit des trois méridiens de pied yangmingjueyin et shaoyin.
  2. Ma Shi dit : « Le [méridien] yangming bat entre le grand et le deuxième orteil ; ses points Li dui (45E), Xian gu (43E), Chong yang (42E) et Jie xi (41E) se situent tous sur la partie haute du dessus du pied. Le jueyin bat entre le grand et le deuxième orteil, [les points] Da dun (1F), Xing jian (2F), Tai chong (3F) et Zhong feng (4F) se situent sur le côté intérieur du dessus du pied. Le shaoyin bat dans le creux de la voûte plantaire, son point Yong quan (1Rn) se situe sous le dessus du 
  3. Le Taisu dit : « Il faut examiner entre le grand et le deuxième orteil si les trois méridiens sont vides ou pleins en appuyant avec la main. D’abord on tonifie le vide et ensuite on disperse le plein. Si l’on ne sait pas que les trois méridiens sont pleins et que l’on disperse le vide, cela s’appelle double vide et la maladie s’aggrave. »
  4. Les mots entre crochets sont ajoutés d’après le Leijing.

Quand le xie est installé dans la liaison du foie, il y a de vives douleurs génitales et du bas-ventre. On fait une piqûre [au point Da dun (1F) du] gros orteil au-dessus de l’ongle à sa rencontre avec la chair. Chez les garçons, la cessation est immédiate, il faut un délai chez les filles. Si la maladie est unilatérale, on pique à l’opposé.

Suwen chapitre 63 : « De la piqûre miu »

Dans la rétention d’urine (癃 long)1, on traite le yinqiao2 et au-dessus des trois poils (三毛 sanmao)3 et on fait [aussi] saigner les luo sanguins.

Lingshu chapitre 23 : « Maladies fébriles »
  1. Le texte correspondant du Jiayi jing parle de maladies convulsives (疾 ji)
  2. Il s’agit probablement du point Zhao hai (6Rn) du méridien shaoyin de pied où commence le yinqiao.
  3. Il s’agit probablement du point Da dun (1F), les trois poils (三毛 sanmao) désignant la région située en arrière de l’ongle du gros orteil sur la phalange distale.

Si à la suite d’une chute, le sang extravasé (惡血 exue) reste à l’intérieur, le sujet souffre de ballonnements abdominaux avec plénitude et d’impossibilité d’uriner et d’aller à la selle. On fait d’abord boire un médicament facilitant l’excrétion (利藥 li yao). Si la chute a blessé en haut le vaisseau du jueyin et en bas le luo du shaoyin, on puncture au-dessous de la malléole interne. On fait saigner les vaisseaux sanguins en avant du scaphoïde (然骨 rangu) et on puncture l’artère qui bat sur le dessus du pied1. Si cela ne cesse pas, on puncture au-dessus des trois poils2 une fois à chaque [orteil] et, dès que le sang apparaît, cela cesse immédiatement. Pour la gauche, on traite à droite ; pour la droite, on traite à gauche. Si l’on est sujet à l’effroi soudain, à la tristesse (悲 bei) et à la mélancolie (不樂 bule), on puncture selon la méthode ci-dessus.

Jiayi jing V-3 : « La piqûre 繆 miu » / SW 63 : « Discussion sur la piqûre miu (côté opposé) »
  1. Il s’agit probablement du [point] Chong yang (42E) qui se situe sur l’artère pédieuse au dos du pied.
  2. Les termes 三毛 san mao, trois poils, désignent la région située en arrière du gros orteil sur la phalange distale.

Dans les maladies convulsives1 on traite le yinqiao et au-dessus des trois poils (三毛 sanmao)2 et on fait [aussi] saigner les luo sanguins.

Jia Yi Jing VII-4 : « Maladies convulsives provoquées par l’attaque du vent et du froid et de l’humidité du taiyang »
  1. Le texte correspondant du Lingshu porte « rétention d’urine » (癃 long) à la place de « maladies convulsives » (痓 chi).
  2. Il s’agit probablement du point Da dun (1F), les trois poils (三毛 sanmao) désignant la région située en arrière de l’ongle du gros orteil sur la phalange distale.

Les douleurs précordiales subites avec transpiration relèvent du [point] Da dun (1F).

Jia YI Jing IX-2 : « Les douleurs précordiales subites, les bi de la poitrine, la hernie du cœur et les trois vers provoqués par le souffle froid qui se loge dans les cinq organes et les six entrailles »

La rétraction des testicules, l’incontinence urinaire, la miction difficile et douloureuse, la rétraction des organes génitaux externes dans l’abdomen, la hernie froide avec prolapsus des organes génitaux [féminins] (陰挺 yinting), le gonflement unilatéral important d’un testicule, la douleur abdominale de la région ombilicale et la sensation de malaise dans l’abdomen relèvent du [point] Da dun (1F).

Jia Yi Jing IX-11 : « Hernie 隤 tui1, incontinence ou rétention urinaire provoquées par l’atteinte du méridien (脈 maijueyin de pied ou par la joie et la colère fréquentes »
  1. Tuishan ou hernie tui désigne, chez l’homme, les hernies scrotales qui se manifestent par un gonflement dur et douloureux du testicule et, chez la femme, un gonflement du bas-ventre qui survient dans le cadre de certaines maladies gynécologiques.

Le jue cadavérique avec perte de connaissance [comme si on était] mort et le pouls qui bat comme à l’ordinaire relève des [points] Yin bai (1Rt) et Da dun (1F).

Jia Yi Jing XI-3 : « Jue cadavérique (尸厥 shijue) causé par la chute [du souffle] des méridiens (脈 maiyang vers le bas et le reflux [du souffle] des méridiens (脈 maiyin vers le haut »

Chez l’enfant, l’épilepsie avec convulsions, l’incontinence à urine claire (遺清溺 yiqingniao) avec, en cas de vide diverses maladies d’entassement (瘕 jia) et hernies 隤 tui et, en cas de plénitude, anurie par rétention ou difficulté d’uriner, chaleur dans l’hypogastre et somnolence relèvent du [point] Da dun (1F).

Jia Yi Jing XII-11 : « Diverses maladies infantiles »

Acupuncture de Maitre Tung Jing-chang 董氏针灸

Shan Qi (hernie), d’abord en micro-saignée puis 3-7 cônes de moxa. Surtout indiqué pour les cas aigus, récents.

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