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L'esprit d'un livre

“La Théorie des Méridiens et ses Applications” Jason Robertson…

Cet article à été initialement rédigé par Lionel Silberman, auteur du blog “Une danse dans le Tao”.

Voici le commentaire d’un livre passionnant pour la richesse de son apport. L’occasion pour deux passionnés de croiser leurs points de vue et d’aborder par des chemins différents la même matière. L’un par le biais de l’expérience et d’un chemin déjà riche, l’autre par le biais de l’enthousiasme à la pratique et l’étude. L’un naissant, l’autre poursuivant : chacun apporte sa touche à sa manière.
L’expérience fut plaisante de se réunir autour d’un ouvrage majeur : la Théorie des méridiens est un incontournable pour qui veut aborder la richesse du système méridien, son caractère dynamique.
Bonne lecture !

 « Un gros travail … »
Voilà quelle a été ma première réaction en abordant le livre de Jason Robertson.
C’est devant la richesse de ce livre, devant sa densité sur le plan conceptuel et la générosité de l’auteur sur un sujet difficile à traiter que je me suis décidé à tenter timidement une première approche. J’ai ensuite compris l’intérêt de le relire pour m’imprégner le plus possible de son esprit.
Ce livre est le seul que j’aie pu lire qui exprime avec une telle cohérence tous les aspects essentiels du système des jingluo (les canaux d’acupuncture).
En outre, il est l’un des seuls à proposer conjointement à cet apport théorique, des applications pratiques et une perspective permettant d’observer la cohérence de la médecine chinoise. Dans cet ouvrage, une vue systémique de la médecine chinoise nous est proposée. Voyons ensemble quelques-uns de ses trésors…

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Extrait du Ling Shu, Chapitre 1 : “9 aiguilles…

Traduction de Constantin Milsky & Gilles Andrès.

Huangdi demande : « j’aimerais connaitre les endroits où sortent les souffles des 5 organes et des 6 entrailles. »

Qi Bo répondit : « Les 5 organes ont 5 points shu, ce qui donne 5×5=25 points shu. Les 6 entrailles ont 6 points shu ce qui donne 6×6=36 points shu. Il y a 12 vaisseaux méridiens (jingmai), 15 vaisseaux luo (luomai), soit au total 27 trajets du souffle qui monte et descend. »

Le chapitre 1 du Ling Shu est l’endroit où sont pour la première fois discutés les 5 points de transport dans le Huangdi Neijing.

Ce passage indique clairement que les 5 points de transport sont en relation avec les Zang Fu. La réponse de Qi Bo inclut dans le texte original : “les endroits à la surface du corps qui manifestent la fonction des organes Zang Fu.”

Ceci démontre qu’il existe une relation spéciale entre les 5 points Shu et les Zang Fu.

Dans le Su Wen, au chapitre 58, tous les points d’acupuncture sont classés en différents groupes, d’après leurs fonctions; c’est le seul chapitre du Su Wen qui discute de la fonction des points. On peut y lire que le nombre de points utilisés pour traiter les dysfonctions des Zang est 50 (25 de chaque coté du corps), et 72 pour traiter les Fu (36 de chaque coté du corps).

Si l’on compare ces deux extraits, alors il est clair que les 5 points Shu forment le SEUL groupe de points qui traitent les dysfonctions des Zang Fu. C’est une des théories les plus importantes du Neijing sur les points d’acupuncture. Les acupuncteurs des générations futures qui comprennent cette théorie n’utilisent QUE ces points pour traiter les Zang Fu et surtout pas les points Bei Shu du canal de la Vessie ou les points Mu antérieur du tronc …

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Interview

Rencontre avec Jean Sylvain Prot (1ère partie)

Cet article à été initialement rédigé par Lionel Silberman, auteur du blog “Une danse dans le Tao”.

C’est chez lui que Jean-Sylvain me donne rendez-vous. Je l’y retrouve affairé, en pleine activité, pris dans un quotidien tourné fortement vers la Médecine Chinoise. 

Ce qui frappe de suite dans son attitude ce sont ses déplacements: énergique et vif, on voit de suite que l’individu possède au fond de lui un mouvement constant.

Nous nous installons dans son bureau, un espace particulier : discret mais aussi “dense”, rempli du même enthousiasme d’explorateur que l’on perçoit chez lui, une exploration avec l’esprit comme véhicule, et la pratique comme révélateur.

Je démarre l’entretien, curieux de l’homme et de ce qu’il a à raconter.  Je l’arrêterai deux heures plus tard … un long échange !  J’anticipais la passion et je repars conforté: Jean Sylvain est plein d’un enthousiasme contagieux, optimiste et entier.

Je découvre un esprit riche et incisif. Derrière ses opinions on perçoit un souci constant de faire au mieux, de dissiper les raideurs inutiles, de dépasser les pré-supposés. Je le voyais très dynamique: je découvre aussi un homme apaisé par son cheminement et soucieux d’un avenir qu’il envisage au collectif.

Rencontre avec un adepte du dépassement.

  Bonjour Jean-Sylvain, peux tu te présenter ?

Je m’appelle Jean-Sylvain, j’ai 45 ans, je pratique la médecine chinoise depuis une quinzaine d’années. J’ai été professeur de mathématiques, crêpier à Londres pendant un an et demi (rire) … et batteur de rock ! J’ai été également consultant en informatique pour de grosses sociétés américaines puis à mon compte pendant quelques années, avant de découvrir la Médecine Chinoise. J’ai un parcours atypique soit,  mais qui n’en a pas en médecine chinoise ?

L’extrême-orient et toi, ça commence comment ?

Essentiellement, c’est par les arts martiaux puisque j’ai pratiqué pendant 20 ans les arts martiaux coréens, puis j’ai décidé d’approfondir ma connaissance du corps en me dirigeant vers la médecine chinoise. Je considérais que ma pratique devait être avant toute chose une pratique de santé alors qu’elle était essentiellement tournée à l’époque vers la compétition sportive, ce qui est toujours plus épuisant que salutaire.

A un moment donné, je me suis dis que pour continuer à pratiquer une activité physique qui irait dans le sens de la longévité, je devais trouver une autre façon d’envisager le sport. Je devais sortir des longues séances d’entraînement tournées vers le physique, la performance, et les entraînements quasi quotidiens – 6 jours par semaine en moyenne, 4 à 6 heures par jours.

C’est à cette époque que je suis parti avec mon meilleur ami Martin Kountchev, en Corée du Nord, et j’y ai trouvé sur place un niveau de pratique bien au delà de ce que j’avais pu voir ailleurs : des athlètes vraiment extraordinaires qui semblaient invulnérables et qui ne semblaient jamais souffrir d’épuisement ni de fatigue. Je me suis donc interrogé : comment font-ils ? J’ai commencé à comprendre qu’il y avait les massages, le Qi Gong, beaucoup de préparation mentale, etc…

Pour la petite histoire, c’est ma femme qui m’a un jour apporté le fascicule d’une école de MTC. Comme cette école mettait la pratique du Qi Gong au centre de la pratique de la médecine chinoise, je me suis dit : “c’est ce qu’il me faut; pour équilibrer ma pratique personnelle, je vais aller faire de l’interne.” Et là ce fut le début de la fin (rires) : j’ai laissé tomber, après mes études, l’informatique et le sport de haut-niveau et j’ai commencé à me consacrer quasi exclusivement à l’approfondissement des concepts et à la pratique de la médecine chinoise.

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Interview

Rencontre avec Jean Sylvain Prot (2ème partie)

Cet article à été initialement rédigé par Lionel Silberman, auteur du blog “Une danse dans le Tao”.

Nous retrouvons Jean-Sylvain et finissons la partie évoquant ses années d’étude et de formation.
Nous allons ensuite aborder son point de vue actuel sur la médecine chinoise en France.
Pour finir, nous lui poserons quelques questions d’ordre général, qui déboucheront sur de vastes sujets et concluront cet entretien, riche d’informations et de réflexions.

J’espère que vous l’apprécierez comme j’ai pu apprécier de découvrir l’homme.
Souhaitons à Jean-Sylvain la réalisation des divers élans qui motivent son propre mouvement.

Dans tout ce long apprentissage, quelle a été ta plus grande difficulté en tant qu’étudiant ?

Il y en a eu deux. La première a été d’arriver à obtenir des résultats satisfaisant dans le traitement de la douleur.
Quand je suis sorti de l’école, j’ai travaillé au sein d’un gros cabinet de kinésithérapeutes au Luxembourg : j’avais donc des kinés qui m’envoyaient des patients souffrants de douleurs diverses et je faisais beaucoup de traumatologie.
Autant, avec des cas supposés difficiles de type allergies et maladies auto-immunes, j’avais des résultats, autant sur le traitement de la douleur je n’en avais pas, ça ne marchait pas. Tendinites, lombalgies, cervicalgies, canal carpiens… vraiment peu de résultats.

La deuxième difficulté a été de me retrouver confronté à la montagne d’informations, l’océan d’informations dans lequel on baigne quand on s’intéresse la médecine chinoise et quand on décide de sortir du cadre strict de la MTC actuelle.

Par exemple, après avoir reçu l’enseignement du Dr Wang Ju Yi, j’ai commencé à essayer de mettre en application la palpation des méridiens sur mes patients et j’avais du mal à exprimer clairement un diagnostic et un principe de traitement.

C’est donc bien d’apprendre de nouvelles choses, mais pendant un moment, cela crée de la confusion.

A ce sujet, si je peux donner un conseil aux étudiants de médecine chinoise, c’est de ne pas étudier plusieurs livres à la fois, mais d’en étudier un seul, puis de synthétiser ce qu’ils en ont compris. Enfin, il faut valider ce nouvel acquis par sa mise en application … il faut passer la théorie à l’épreuve de la pratique clinique.

La boulimie existe en Médecine Chinoise ! Le risque majeure est de créer de la confusion dans nos esprits, et par voie de conséquence, de voir décliner nos résultats cliniques … Tout déclin de la force de l’intention du soignant conduit inévitablement au déclin des résultats cliniques.

Pour garder une intention forte, il faut un esprit structuré, fort et clair.

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Division et unification des méridiens Yin/Yang

La plupart des acupuncteurs connaissent la théorie des méridiens couplés dans la relation Biao-Li Extérieur-Intérieur mais peu d’entre eux connaissent la théorie de l’unification et de la division des méridiens Yin/Yang.

La théorie des méridiens appariés dans la relation Biao-Li explique la relation entre un méridien Yin et un méridien Yang, par exemple, la relation entre le méridien du Poumon et celui du Gros Intestin.

La théorie de la division et de l’unification des méridiens Yin/Yang explique la relation entre les 3 méridiens Yin et les 3 méridiens Yang. Elle explique par exemple la relation entre Tai Yang, Shao Yang et Yang Ming.

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De la profondeur de puncture

Cet article est basé sur les chapitres 50, 51, 61 du Su Wen et sur les chapitres 2, 9 et 19 du Ling Shu. L’objectif de cet article est de discuter de la profondeur de la puncture en fonction des 4 saisons et de la nature de la maladie.

“La puncture devrait correspondre a la localisation de la maladie.”
– Su Wen, chapitre 50
 
“Huangdi demanda : pouvez-vous parler de la profondeur de puncture ?
 
Qibo répondit: celui qui puncture l’os ne devrait pas blesser le tendon; celui qui puncture le tendon ne devrait pas blesser le muscle; celui qui puncture le muscle ne devrait pas blesser les vaisseaux sanguins; celui qui puncture les vaisseaux ne devrait pas blesser la peau; celui qui puncture la peau ne devrait pas blesser le muscle; celui qui puncture le muscle ne devrait pas blesser le tendon; celui qui puncture le tendon ne devrait pas blesser l’os.
 
Huangdi demanda : pouvez-vous m’expliquer tout cela ?
 
Qibo répondit : “celui qui puncture l’os ne devrait pas blesser le tendon” signifie qu’il ne faut pas s’arrêter et retirer l’aiguille au niveau du tendon avant d’avoir atteint le niveau de l’os; “celui qui puncture le tendon ne devrait pas blesser le muscle” signifie qu’il ne faut pas s’arrêter et retirer l’aiguille au niveau du muscle avant d’avoir atteint le niveau du tendon; “celui qui puncture le muscle ne devrait pas blesser le vaisseaux” signifie qu’il ne faut pas s’arrêter et retirer l’aiguille au niveau des vaisseaux avant d’avoir atteint le niveau du muscle; “celui qui puncture les vaisseaux ne devrait pas blesser la peau” signifie qu’il ne faut pas s’arrêter et retirer l’aiguille au niveau de la peau avant d’avoir atteint le niveau des vaisseaux; “celui qui puncture la peau ne devrait pas blesser le muscle” signifie que l’on doit puncturer la peau dans une maladie de la peau et que l’on ne doit pas puncturer profondément pour ne pas blesser le muscle ; “celui qui puncture le muscle ne devrait pas blesser le tendon” signifie que l’on doit puncturer le muscle et que l’on ne doit pas puncturer profondément pour ne pas blesser le tendon; “celui qui puncture le tendon ne devrait pas blesser l’os” signifie que l’on doit puncturer le tendon et que l’on ne doit pas puncturer profondément pour ne pas blesser l’os. Si l’on puncture trop superficiellement ou trop profondément que nécessaire, il y aura assurément des conséquences fâcheuses.”
– Su Wen, chapitre 51

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Formations

Diagnostic différentiel par le mouvement et acupuncture classique :…

Cet article à été initialement rédigé par Lionel Silberman, auteur du blog “Une danse dans le Tao”.

Les 9, 10 et 11 décembre 2016, à Grenoble, un groupe hétérogène d’une vingtaine d’étudiants venus de toute la France, participe au très attendu 1er niveau d’Acupuncture Optimale.

Jean-Sylvain Prot, disciple direct du Docteur Robert Chu – nous propose le 1er des 7 modules permettant d’accéder à une pratique efficace et créative de l’acupuncture classique.

L’objectif: acquérir une compréhension globale et pertinente de l’acupuncture grâce à l’étude des ouvrages classiques, obtenir des résultats spectaculaires et immédiats.

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