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Interview du Dr Wu Sheng’an

Le docteur Wu Sheng’an est un médecin généraliste de formation classique qui combine encore de nombreuses compétences traditionnelles quasiment impossibles à trouver chez une seule et même personne aujourd’hui en Chine  : chrono-acupuncteur, récolteur et préparateur de plantes médicinales, expert en médecine interne et spécialisé dans les maladies récalcitrantes, maître de Taiji et actif partisan de l’éthique médicale de Sun Simiao.

La médecine traditionnelle chinoise étant de plus en plus standardisée et alignée sur les procédures diagnostiques et thérapeutiques de la médecine occidentale, il est un ardent défenseur du fait que le véritable rétablissement ne peut provenir que de traitements stimulant la capacité intrinsèque du corps à se guérir. Cet usage de l’intelligence intrinsèque de la nature dans ses traitements fait de lui l’un des cliniciens chinois les plus efficaces.

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Les Six Qi cosmiques (liu qi) et les six…

Le nombre cinq est lié à l’élément Terre et au domaine du manifesté, le nombre six signale le plus souvent une relation avec l’énergie de la source céleste. Le Neijing consacre deux chapitres entiers (9 et 68) au “six” du Ciel.
Le chapitre 9 nous dit : “Le ciel fonctionne par intervalles de 2 x 6 afin de former le grand cycle de l’année.”

La première définition des six qi cosmiques (liuqi) est apparue dans les textes taoïstes de la période pré-Neijing, et sont énumérés comme suit: yin, yang, vent, pluie, ténèbres et éclat.

Vers le deuxième siècle avant notre ère, ces termes ont évolués vers la définition standard du Neijing des six influences cosmiques, qui devint plus tard le modèle des six étapes de la transformation du qi utilisé par Zhang Zhongjing dans le Shanghan lun: vent(feng) , chaleur (re), humide (shi), feu (huo), sécheresse (zao) et froid (han).

Ces six qi peuvent être compris comme une autre façon de décrire et de différencier l’influence concrète et changeante des forces cosmiques.

En tant que tels, ils représentent les influences fondamentales qui initient la totalité des transformation sur terre. Le chapitre 67 du Neijing, intitulé «Le grand traité sur les mouvements évolutifs des cinq phases», nous dit :

“Huang Di:  La terre est-elle sous le ciel? Qibo: La terre est sous les humains, mais elle est suspendue dans l’espace.Huang Di: Comment ne tombe-t’elle pas?

Qibo: Le grand Qi de l’univers la tient suspendu dans l’espace. Le qi sec l’assèche, le qi chaud la fait propérer, le qi du vent la fait bouger, le qi humide l’humidifie, le qi froid la raffermit et le qi du feu la réchauffe. Le vent et le froid sont en dessous, la sécheresse et la chaleur sont au-dessus, l’humidité est au centre, et le feu se propage entre les deux. Ainsi, les six qi pénètrent la terre, et de cette manière la transformation de la matière est initiée à partir du vide.”

Selon la quantité de yin qi ou de yang qi les 6 qi ont été différenciés en shaoyang, taiyang, yangming, shaoyin, taiyin et jueyin : 

“Huang Di : Qu’est-ce que cela signifie lorsque l’on dit qu’il y a plus ou moins de qi, et par conséquent une prospérité ou une dégradation de la forme matérielle? 
Gui Yu Qu: Le yin qi et le yang qi viennent tous deux en quantités différentes, et nous parlons donc des trois yin et des trois yang.” – Neijing Suwen, chapitre 66, «Le grand traité sur les modèles originaux du mouvement universel».

Le chapitre 6 du classique médical intitulé “Yin yang lihe lun” (Traité sur les mouvements d’ouverture et de fermeture du Yin et du Yang) est entièrement consacré à expliquer comment la théorie du yin et du yang peut être différenciée dans le système des «trois yin et trois yang» (sanyin sanyang) :

“Par conséquent, la manière dont l’expansion et la fermeture des trois fonctions yang se produit est la suivante: le taiyang s’ouvre, le yangming se ferme et le shaoyang sert de charnière. Ces trois fonctions doivent travailler ensemble à l’unisson, en se recouvrant étroitement et en empêchant ainsi la (tendance yang) de flotter. Leur mission est de travailler comme un seul Yang … De même, la façon dont l’ouverture et la fermeture des trois fonctions yin se produit est la suivante: le taiyin s’ouvre, le jueyin se ferme et le shaoyin sert de charnière. Ces trois fonctions doivent travailler ensemble à l’unisson, en se recouvrant étroitement et en empêchant ainsi la (tendance du) yin de s’enfoncer. Ainsi, leur nom est un seul  Yin.”

Les classiques nous encouragent à considérer ces six catégories pour classifier les différentes étapes qui influencent les conditions météorologiques et le développement des maladies. C’est la base de la partie la plus complexe et la plus sophistiquée de la science chinoise appelée wuyun liuqi.

Chaque année a un Qi différent est prédominant. Dans le langage du Neijing, à la source des influences célestes se trouve la racine invisible Qi du Ciel divisée en «six sources» (liuyuan); la manifestation visible de cette influence se déroulent en six étapes successives de transformation (liujing).

Les associations entre les influences invisibles (ben) et les phénomènes observables (biao) sont établies comme suit :

Jueyin vent
Shaoyin chaleur
Taiyin humide
Shaoyang feu
Yangming sécheresse
Taiyang froid

Les six qi et leurs étapes de transformation sont à leur tour étroitement liés aux cinq mouvements célestes (wuyun) monitorés par les positions des cinq planètes.

Les six qi sont donc liés aux cinq phases, et leurs associations concrètes sont les suivantes:

Bois de vent de Jueyin
Feu Empereur de Shaoyin
Terre Humide de Taiyin
Feu ministériel de Shaoyang
Métal sec de Yangming
Eau froide de Taiyang

Zhang Zhongjing (IIe siècle apr. J.-C.) a utilisé ce système pour créer l’approche diagnostique classique connue aujourd’hui sous le nom de «différenciation en six étapes (ou couches)» (liujing bianzheng ). Comme tous les concepts fondamentaux de la médecine chinoise, l’approche de Zhang est guidée par la conviction que tous les processus microcosmiques remontent à des causes énergétiques qui se jouent dans la sphère macrocosmique. Comme nous le savons, cette approche est basée sur les théories du Neijing (les cinq mouvements célestes et les six qi sont la racine invisible de toute transformation). 

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Comment un grand médecin devrait être formé pour la…

(Traduit par Heiner Fruehauf)

Quiconque aspire à devenir un grand médecin doit être intimement familier avec les classiques suivants: les questions simples (Huangdi neijing suwen), le classique systématique de l’acupuncture et de la moxibustion (Zhenjiu jiayi jing), le classique de l’empereur jaune (Huangdi neijing lingshu) et les lois de la circulation de l’énergie du Hall des Lumières (Mingtang liuzhu).

En outre, il faut maîtriser le système du diagnostic par le pouls des douze canaux, des trois emplacements et des neuf positions, le système des cinq zang six fu, le concept de superficie et d’intérieur, les points, la matière médicale sous la forme des herbes simples, des associations d’herbes, et des formules classiques présentées dans les écrits de Zhang Zhongjing (auteur du Shang zabing lun), de Wang Shuhe (auteur du Maijing), de Ruan Henan (4ème siècle, auteur du Rao Henan yaofang), de Fan Dongyang (308-372, auteur du Fang Fan Dongyang), de Zhang Miao (4ème siècle), de Jin Shao (4ème siècle) et d’autres maîtres.

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L’acupuncture factice existe-t’elle ?

(Traduction d’un article du Dr Robert Chu)

L’acupuncture factice ou simulée n’existe pas.

Lorsque les chercheurs font des expériences sur l’acupuncture, ils utilisent des points prétendument non traditionnels parce qu’ils pensent que l’acupuncture est un modèle rigide consistant en 12 méridiens et un nombre fixe de points. L’acupuncture simulée est généralement définie par :

  1. un traitement aléatoire, sans rapport avec une condition particulière

  2. une insertion des aiguilles à des emplacements non conventionnels, ou

  3. une acupuncture simulée sans insertion.

Nous allons démontrer que ces protocoles ne peuvent conduire qu’à une impasse tant qu’ils ignorent les véritables concepts de l’acupuncture classique.

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Points Shu dorsaux et points Mu antérieurs

Cet article est basé sur le chapitre 51 du Ling Shu et discute des changements historiques concernant les indications des points Mu et Bei Shu.
Les points Bei Shu sont mentionnés pour la première fois au chapitre 59 du Su Wen. Leurs noms, localisations et fonctions ne sont pas discutés avant le chapitre 51 du Ling Shu où seuls les points Bei Shu des 5 zang sont décrits.
Le Su Wen au chapitre 55 dit :” on doit poncturer le point Bei Shu d’un Zang si le Qi pathogène se dirige vers cet organe.”
Le chapitre 47 du Su Wen dit :” le point Bei Shu et le point Mu de la Vésicule Biliaire peuvent être utilisés pour traiter le gout amer du à une déficience de la Vésicule Biliaire.” Cependant, le nom et la localisation de ces points ne sont pas décrits.
Ces passages sont les seuls du Huang Di Nei Jing qui traitent des points Mu et Bei Shu.

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Acupuncture des réseaux : la panacée universelle ?

En 2009 mon maître Robert Chu présentait pour la première fois en France son acupuncture optimale et ses 6 piliers de la connaissance.
L’un de ces piliers consiste à exploiter les inter-relations entre les canaux de façon à construire des circuits thérapeutiques qui répondent aux signes et symptômes présentés par nos patients.
L’acupuncture optimale utilise 6 circuits fondamentaux, 6 modèles de bases qui peuvent servir de feuille de route pour construire nos stratégies de traitements. Ces modèles sont improprement considérés par beaucoup comme établis sur des modèles rigides en utilisant les relations décrites dans les classiques.
De fait, même si ces réseaux sont effectivement conçu sur la base des inter-relations “classiques” entre les canaux, il n’est jamais question en acupuncture optimale de remplacer un dogme par un autre, le but de la maîtrise des 6 piliers de la connaissance demeurant la totale liberté clinique qui seule conduit à terme à une efficacité thérapeutique mesurable (je ferais d’ailleurs bientôt un autre article sur ce sujet).

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Méthodes de poncture du Ling Shu

“Il y a neuf piqûres correspondant aux neuf altérations (jiubian).
La première s’appelle la piqûre shu. La piqûre shu, c’est la puncture des [points] ying et shu des méridiens et des [points] shu des organes.
La deuxième s’appelle la piqûre yuandao. La piqûre yuandao, c’est traiter en bas quand la maladie est en haut, et piquer les points (shu) des entrailles.
La troisième s’appelle la piqûre jing. La piqûre jing, c’est la poncture dans la zone du méridien des luo noués des grands méridiens.
La quatrième s’appelle la piqûre luo. La piqûre luo, c’est la poncture des vaisseaux sanguins des petits luo (xiaoluo).
La cinquième s’appelle la piqure fen. La piqûre fen, c’est la poncture dans le plan de séparation tie la chair.
La sixième s’appelle la piqûre daxie. La piqure daxie c’est la poncture des grandes suppurations avec l’aiguille-poignard.
La septième s’appelle la piqûre mao. La piqûre mao, c’est la poncture des bi superficiels de la peau.
La huitième s’appelle la piqûre ju. La piqure ju, c’est pour la gauche traiter à droite et pour la droite traiter à gauche.
La neuvième s’appelle la piqûre cui. La piqûre cui, c’est le traitement du bi’ au moyen de l’aiguille de feu (fanzhen).” Ling Shu chapitre 7

 

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La formation en Acupuncture Classique : une plongée libératoire…

Il existe aujourd’hui de nombreuses formations post-grade en acupuncture. Devant la multitude des propositions et des programmes il convient d’expliquer les objectifs et les moyens de ces formations. 

Les objectifs de la formation en Acupuncture Supérieure en Acupuncture Classique : 

  1. La liberté clinique totale

  2. La simplicité et l’efficacité clinique objective

  3. La maîtrise des véritables thématiques classiques

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9 Palais, 13 Portes

Les 13 portes sont 13 points d’acupuncture.

Tian Men (zone qui va de Bai Hui à Shang Xing) au sommet de la tête correspond à la porte du Ciel et à l’opposé, Di Hu ou Hui Yin, au niveau du périnée correspond à la porte de la Terre. Yin Tang se situe au milieu du front, entre les sourcils et correspond au 3 ème œil. A l’opposé, sur l’occiput, sur l’ oreiller de jade, se trouve Yu Zhen. Plus bas, entre les deux mamelons, sur le sternum, Dan Zhong et à l’opposé, dans le dos, sur la colonne vertébrale, se trouve le point Shen Zhu.

Sur le côté du corps, à un travers de main sous les aisselles, se trouve Da Bao. Plus bas, le nombril, siège de l’énergie vitale, et à l’opposé, sur la colonne vertébrale Ming Men, et à la même hauteur, sur les côtés, le point Jing Men.

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HUANG DI

En incorporant Huang Di dans le titre de leur ouvrage, les auteurs du Huang Di Nei jing font une référence directe à l’étude du ciel et des constellations.

Paul Unschuld traduit Huang Di par Empereur jaune et note que Di possède la connotation de ‘Seigneur’ , bien qu’il soit mal à l’aise avec la connotation judéo-chrétienne du mot.

Dans le Nei jing, Huang Di est beaucoup plus un humble étudiant qu’un Dieu vivant. Un mythe affirme que Huang Di vécu au cours de la période des Zhou occidental (1122-771 BC), lorsque la théorie du mandat céleste fut promulguée pour la première fois. Il était le fils de Shao Dian et son nom ‘personnel’ était Xuan Yuan. Unshuld mentionne qu’il existe aussi une référence dans le Suwen qui place Huang Di à l’origine des temps. Ce que Unshuld omet de mentionner c’est que durant la période des Han à laquelle le Nei jing est écrit, Huang Di est aussi le nom du dieu solaire. Huang Di est le dieu qui occupe la position clé dans les cieux.

Dans la Chine ancienne, les personnages héroïques élisent domicile au Ciel après leur mort. Ils peuvent se déplacer d’une étoile à une autre, ne sont pas statiques. Ils sont parfois une étoile et parfois ils résident simplement dans une étoile. Ce n’est pas contradictoire pour les Chinois de prétendre que Huang Di fut un étudiant sérieux qui s’enquis des mystères les plus profonds de l’astronomie, de la médecine, de la politique et de la géographie de son vivant, puis qu’il devint l’entité résidant dans la constellation portant son nom personnel Xuanyuan.

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